RDC : le porte-parole de l’armée démis après une dérive haineuse.

RDC : le porte-parole de l’armée démis après une dérive haineuse.

RDC : le porte-parole de l’armée démis après une dérive haineuse.

Un documentaire de Agence Presse Audio


La République démocratique du Congo traverse une nouvelle tempête diplomatique et éthique. Au cœur de la polémique : le général-major Sylvain Ekenge, désormais ex-porte-parole des Forces armées (FARDC).

1:58 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

02 Janvier 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Audio


Production

Agence Presse Audio

La République démocratique du Congo traverse une nouvelle tempête diplomatique et éthique. Au cœur de la polémique : le général-major Sylvain Ekenge, désormais ex-porte-parole des Forces armées (FARDC). Lors d’une intervention sur la télévision publique samedi 27 décembre 2025, l’officier supérieur a tenu des propos discriminatoires visant explicitement la communauté tutsie. En relayant une théorie du complot sur une prétendue « infiltration » orchestrée par des femmes tutsies pour le compte du Rwanda, le général a franchi la ligne rouge de la haine ethnique.

Face à la déflagration, Kinshasa a réagi avec une célérité inhabituelle. Dès dimanche, l’État-major général annonçait la suspension immédiate du général Ekenge. Dans un communiqué cinglant, l’armée a condamné des déclarations « incompatibles avec les missions constitutionnelles » de l’institution, précisant qu'elles ne reflétaient en rien la position du président Félix Tshisekedi ou du gouvernement. Cette sanction vise à éteindre un incendie qui menace de discréditer les efforts de cohésion nationale.

Cependant, cet incident ravive les critiques sur la complaisance supposée des autorités envers les discours de haine. Pour les opposants et le gouvernement rwandais, cet épisode n'est que la partie émergée d'un climat délétère visant la minorité Banyamulenge dans l'Est du pays. Le Rwanda, accusé de son côté de soutenir les rebelles du M23, dénonce régulièrement des exactions contre les populations tutsies congolaises.

Dans une région déjà meurtrie par des décennies de conflits identitaires, cette dérive verbale au sommet de la hiérarchie militaire fragilise un équilibre sécuritaire précaire. Alors que le M23 occupe toujours de vastes pans de territoire, l'affaire Ekenge rappelle que la guerre des mots peut se révéler aussi destructrice que celle des armes.

Texte et récit : Sam Rivers