SANTÉ / Fistule obstétricale : la maladie de la honte qui brise des vies, mais que l’Afrique peut vaincre.

SANTÉ / Fistule obstétricale : la maladie de la honte qui brise des vies, mais que l’Afrique peut vaincre.

SANTÉ / Fistule obstétricale : la maladie de la honte qui brise des vies, mais que l’Afrique peut vaincre.

Un documentaire de Agence Presse Audio


C’est une blessure invisible, mais aux conséquences dévastatrices. La fistule obstétricale, souvent qualifiée de “maladie de la honte”, est une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, causée par un accouchement long sans assistance médicale.

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23 Juillet 2026


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C’est une blessure invisible, mais aux conséquences dévastatrices. La fistule obstétricale, souvent qualifiée de “maladie de la honte”, est une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, causée par un accouchement long sans assistance médicale. Résultat : une incontinence permanente qui plonge des milliers de femmes dans l’isolement et la dignité brisée.

En Afrique, les causes sont bien identifiées : travail prolongé, absence de césarienne d’urgence, grossesses précoces ou encore mariages d’enfants. Les symptômes sont lourds : fuites urinaires ou fécales continues, infections chroniques, douleurs, mais surtout un rejet social brutal.

Le fléau est massif : près de 2 millions de femmes vivent avec une fistule dans le monde, dont la majorité en Afrique subsaharienne. Chaque année, entre 50 000 et 100 000 nouveaux cas sont enregistrés. En Côte d’Ivoire, environ 74 000 femmes sont touchées, avec des centaines de nouveaux cas chaque année.

Pourtant, la fistule se guérit. Des organisations comme le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), aux côtés de l’État ivoirien et de partenaires comme la Korea international cooperation agency (KOICA), offrent des chirurgies réparatrices gratuites.

La Côte d’Ivoire s’est fixée un objectif ambitieux : éradiquer la fistule d’ici 2030, avec une mobilisation estimée à 75 milliards de FCFA. Déjà, plus de 4 400 femmes ont été opérées et 2 200 réinsérées socialement. Selon le représentant résident adjoint de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, Mohamed Ahmed, l’objectif est de réaliser près de 1 000 interventions chirurgicales en faveur des femmes souffrant de fistule d’ici à la fin de l’année 2026. Au-delà des chiffres, il y a des vies. Celles de femmes rejetées, exclues de leur foyer, qui retrouvent espoir et dignité grâce à l’intervention chirurgicale.

La chirurgie réparatrice permet, dans la majorité des cas, une guérison complète. Bien plus qu’une intervention médicale, elle marque souvent le début d’une nouvelle vie. Selon le professeur Gérard Paul Konan, titulaire de la chaire d’urologie à l’Université Félix Houphouët-Boigny, une prise en charge efficace repose impérativement sur une bonne connaissance des différentes catégories de fistules. À défaut, les résultats attendus risquent de ne pas être au rendez-vous.

Évitable, guérissable, la fistule obstétricale ne devrait plus exister. Pourtant, elle persiste, révélant les inégalités d’accès aux soins. Briser le silence, investir, agir : c’est le prix pour qu’aucune femme, demain, ne soit condamnée à vivre dans l’ombre pour avoir donné la vie.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN