TECHNOLOGIE - Côte d’Ivoire / REMA : quand un jeune Ivoirien invente le paiement mobile… sans Internet.
TECHNOLOGIE - Côte d’Ivoire / REMA : quand un jeune Ivoirien invente le paiement mobile… sans Internet.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Et si le paiement mobile devenait enfin indépendant du réseau ? En Côte d’Ivoire, quatre jeunes innovateurs viennent de poser un jalon technologique majeur.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
27 Janvier 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Et si le paiement mobile devenait enfin indépendant du réseau ? En Côte d’Ivoire, quatre jeunes innovateurs viennent de poser un jalon technologique majeur. À leur tête, Konaté Ibrahim Junior, étudiant en psychologie, qui a cofondé REMA, un protocole de paiement 100 % hors ligne, fonctionnant via Bluetooth, même en zone blanche. Une innovation pensée pour l’Afrique réelle, celle des coupures réseau, des pluies diluviennes et des sous-sols sans signal.
Une idée née d’un problème du quotidien
« Nous avons tous déjà vécu cette situation », explique Ibrahim Junior. Un taxi à payer, un achat urgent, mais ni connexion Internet, ni monnaie. Le Mobile Money, pourtant omniprésent, devient alors inutilisable. C’est pour répondre à cette frustration collective qu’est né REMA, un protocole qui permet d’effectuer des paiements sans utiliser un seul octet d’Internet.
2025, l’année du déclic
L’aventure REMA prend véritablement forme en 2025, lors d’un design sprint sur le paiement mobile, organisé par la Caisse des dépôts et consignations de Côte d’Ivoire (CDC-CI Capital). Autour d’Ibrahim Junior, trois coéquipiers aux profils complémentaires : Ariel Placide Kouakou, Djiablé Luc, Olivier Jaurès, Jean-Luc Adjo. Ensemble, ils conçoivent un protocole inédit, capable de sécuriser des transactions financières sans réseau cellulaire ni Wi-Fi. REMA n’est pas une fintech, mais un fournisseur de technologie
Point clé du projet : REMA ne concurrence pas les acteurs existants. Le modèle est clair : REMA développe une brique technologique que banques, fintechs et agrégateurs de paiement peuvent intégrer directement dans leurs applications actuelles. Résultat : Pas besoin de recréer un écosystème.
Compatibilité avec les solutions existantes ; Déploiement rapide à grande échelle ; Une démonstration technique qui force le respect Lors de la démonstration, les conditions sont sans appel : Mise en situation extrême; Téléphones en mode avion; Wi-Fi désactivé; Aucune connexion cellulaire; Initialisation; Ouverture de REMA PAY; Saisie de l’identité utilisateur; Création d’un code PIN local; Génération d’une clé cryptographique unique, stockée dans le Secure Storage du téléphone (zone matérielle isolée). Selon Ibrahim Konaté Junior, le receveur active le Bluetooth en cliquant sur « Recevoir », ensuite l’émetteur clique sur « Payer » et le téléphone du receveur est détecté automatiquement. Le montant apparaît instantanément chez le receveur.
Un potentiel immense pour les zones à connectivité instable
REMA répond à un enjeu stratégique pour l’Afrique et les économies émergentes : Zones rurales; Marchés informels; Transports urbains; Situations de crise ou de panne réseau. C’est une technologie qui ne subit plus les limites de l’infrastructure, mais s’y adapte intelligemment.
Une innovation ivoirienne qui regarde loin
À travers REMA, Ibrahim Junior et son équipe démontrent que l’innovation africaine ne se contente plus d’adapter des modèles importés. Elle invente, à partir de ses propres contraintes. Dans un pays où le Mobile Money est un pilier économique, le paiement sans Internet pourrait bien devenir la prochaine révolution silencieuse. Parfois, il ne faut pas plus qu’un simple Bluetooth et une idée audacieuse pour réinventer la façon dont l’argent circule.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)