TECHNOLOGIE / Plongée en eaux troubles : la Fédération française de natation frappée par une cyberattaque, porte plainte.

TECHNOLOGIE / Plongée en eaux troubles : la Fédération française de natation frappée par une cyberattaque, porte plainte.

TECHNOLOGIE / Plongée en eaux troubles : la Fédération française de natation frappée par une cyberattaque, porte plainte.

Un documentaire de Agence Presse Audio


La Fédération française de natation (FFN) n’a pas vu venir la vague. En décembre 2025, l’instance qui régit l’une des disciplines sportives les plus populaires de l’Hexagone a été la cible d’une cyberattaque majeure, accompagnée d’un vol de données, visant sa plateforme de gestion administrative.

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28 Janvier 2026


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La Fédération française de natation (FFN) n’a pas vu venir la vague. En décembre 2025, l’instance qui régit l’une des disciplines sportives les plus populaires de l’Hexagone a été la cible d’une cyberattaque majeure, accompagnée d’un vol de données, visant sa plateforme de gestion administrative. Une affaire suffisamment sérieuse pour que la fédération décide désormais de porter plainte, a-t-on appris mardi 27 janvier 2026 auprès de l’AFP. Selon un communiqué adressé aux membres de son réseau, l’attaque s’est produite dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025. Dès la découverte de l’intrusion, la FFN a indiqué avoir placé ses serveurs en maintenance et déclenché, en urgence, des mesures de sécurisation en lien avec ses prestataires techniques. Une réaction rapide, mais qui n’efface pas les interrogations.

Des zones d’ombre persistantes

L’origine exacte de l’attaque n’a pas été précisée par la fédération. Aucun groupe de hackers n’a été identifié publiquement et la nature précise des données dérobées reste floue. Toutefois, l’enjeu est de taille : la FFN revendique plus de 400 000 licenciés, dont les informations personnelles transitent via la plateforme touchée. Conformément aux obligations légales, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ainsi que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ont été informées. Une procédure classique, mais qui souligne la gravité de l’incident et le risque potentiel pour les personnes concernées.

Le sport français, nouvelle cible des hackers

La FFN n’est pas un cas isolé. Le sport français semble devenir un terrain de jeu privilégié pour les cybercriminels. Le 12 janvier, la Fédération française de tennis (FFT), forte de 1,2 million de licenciés, avait elle aussi reconnu avoir été victime d’un « acte de cybermalveillance ». Les assaillants avaient alors accédé à « certaines » données personnelles. Plus inquiétant encore, en décembre dernier, le ministère des Sports avait subi une cyberattaque d’ampleur, touchant les données de 3,5 millions de foyers. Une succession d’incidents qui met en lumière une réalité dérangeante : même les institutions publiques ou para-publiques, réputées structurées, restent vulnérables.

Quand la technologie montre ses limites

Ces attaques rappellent brutalement que la numérisation massive des services, si elle facilite la gestion et la communication, expose aussi à des failles parfois béantes. Plateformes centralisées, dépendance aux prestataires techniques, budgets cybersécurité inégaux : autant d’insuffisances qui transforment des bases de données en véritables coffres-forts… parfois mal verrouillés. À l’heure où les données personnelles valent de l’or, chaque brèche devient une menace directe pour la vie privée des citoyens, sportifs amateurs compris. La plainte déposée par la Fédération française de natation marque une étape judiciaire, mais elle ne suffira pas à elle seule à endiguer le phénomène.

Dans un monde toujours plus connecté, le sport, symbole de performance et de maîtrise, découvre à son tour les zones de faiblesse de la technologie. Derrière les écrans et les serveurs, une certitude s’impose : sans investissements solides et sans culture de cybersécurité renforcée, même les institutions les mieux établies peuvent boire la tasse numérique.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN