CINÉMA / « Allah n’est pas obligé » : le roman d’Ahmadou Kourouma prend vie en animation.

CINÉMA / « Allah n’est pas obligé » : le roman d’Ahmadou Kourouma prend vie en animation.

Après plus de quinze ans d’attente depuis son court-métrage Faute de temps, le réalisateur franco-libanais Zaven Najjar signe son premier long-métrage ambitieux et bouleversant : « Allah n’est pas obligé », adapté au roman éponyme du grand écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, lauréat du Prix Renaudot et du Prix Goncourt des lycéens en 2000.


Après plus de quinze ans d’attente depuis son court-métrage Faute de temps, le réalisateur franco-libanais Zaven Najjar signe son premier long-métrage ambitieux et bouleversant : « Allah n’est pas obligé », adapté au roman éponyme du grand écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, lauréat du Prix Renaudot et du Prix Goncourt des lycéens en 2000. Le film est sorti mercredi 4 mars 2026 en France et a été présenté au prestigieux Festival international du film d’animation d’Annecy.

Un périple au cœur de l’enfance volée par la guerre

L’histoire suit Birahima, jeune orphelin guinéen d’une dizaine d’années, qui quitte son village pour rejoindre une tante au Libéria. Sur sa route, il rencontre Yacouba, un guide improvisé et baratineur des routes. Mais ce voyage initiatique prend un tournant tragique lorsqu’ils croisent la route d’enfants soldats. Enrôlé de force, Birahima se retrouve plongé dans la violence d’un conflit qui le dépasse, et sa traversée des frontières guinéennes, libériennes et sierra-léonaises devient une lutte désespérée pour survivre.

Des voix qui donnent vie aux personnages

Le film réunit un casting vocal surprenant : le jeune rappeur ivoirien Hanta Christ Aboubakar Traoré alias « SK07 » prête sa voix à Birahima, accompagné de Thomas Ngijol, Marc Zinga et Annabelle Lengronne.

Une adaptation sensible et poignante

Scénarisé par Zaven Najjar et Karine Winczura, le long-métrage est produit par Special Touch Studios et Creative Touch Studios, et distribué par Bac Films. Avec son style d’animation unique, le film restitue avec intensité la violence, la solitude et la résilience d’un enfant confronté à l’horreur des guerres civiles africaines des années 1990. À travers les yeux de Birahima, "Allah n’est pas obligé" nous plonge dans un voyage initiatique bouleversant, où l’innocence se heurte à l’atrocité, et où l’espoir survit malgré tout. Une œuvre qui laisse une empreinte durable, à la fois dans le cœur et dans l’esprit du spectateur.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN