INSTITUTION / UA - Addis-Abeba 2026 : La Côte d’Ivoire reconduit au Conseil de paix et de sécurité, un coup diplomatique signé Ouattara.
Dans les couloirs feutrés du siège de l’Union africaine (UA), la 48e session ordinaire du Conseil exécutif s’est ouverte à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 10 février 2026.
Dans les couloirs feutrés du siège de l’Union africaine (UA), la 48e session ordinaire du Conseil exécutif s’est ouverte à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 10 février 2026. Sur fond de défis sécuritaires persistants, de pressions économiques et d’urgence climatique. Mais pour la Côte d’Ivoire, cette grand-messe diplomatique s’est transformée en tribune stratégique… et en victoire politique majeure. Réunis autour du thème 2026 : « Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », les ministres des Affaires étrangères du continent ont planché sur l’un des enjeux les plus structurants pour l’avenir africain : l’accès universel à l’eau potable et à des infrastructures d’assainissement performantes.
L’eau, nouvelle priorité géopolitique africaine
À l’ouverture des travaux, le président de la Commission de l’UA, S.E. Mahmoud Ali Youssouf, a posé le décor : l’eau n’est plus seulement une question de santé publique, mais un vecteur de stabilité, de croissance et de souveraineté. Dans un continent où le stress hydrique menace des millions de personnes, sécuriser l’accès à cette ressource devient un impératif stratégique. Il a salué les avancées enregistrées grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en plaidant pour des mécanismes de financement innovants, capables de mobiliser le secteur privé, les partenaires techniques et les fondations philanthropiques.
En filigrane : l’idée d’une Afrique qui finance elle-même son développement. La Vice-présidente de la Commission a, de son côté, mis en lumière la mise en œuvre du Plan stratégique 2024-2028, fruit de réformes institutionnelles pilotées en coordination avec le président kényan William Ruto. Objectif : renforcer l’efficacité, la transparence et la redevabilité de l’organisation. Si des progrès ont été notés au Gabon et en Guinée, des préoccupations demeurent à Madagascar et en Guinée-Bissau. Quant au Sahel et à la Corne de l’Afrique, la menace terroriste continue de peser lourdement sur l’agenda sécuritaire continental.
Une bataille diplomatique serrée… remportée par Abidjan
C’est dans ce contexte particulièrement dense que la Côte d’Ivoire a marqué des points décisifs. Le mercredi 11 février, à l’issue de négociations intenses au sein du groupe des États d’Afrique de l’Ouest, le pays a été réélu au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour le mandat 2026-2028. Le CPS, organe stratégique chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits sur le continent, constitue le cœur du dispositif sécuritaire africain. Y siéger, c’est peser dans les décisions majeures relatives aux crises, aux transitions politiques et aux opérations de maintien de la paix. Pour Abidjan, cette reconduction n’est pas anodine. Elle consacre une diplomatie active et méthodique, portée au plus haut niveau par le président Alassane Ouattara. Elle traduit également la reconnaissance, par les pairs africains, de la stabilité institutionnelle ivoirienne, de ses performances économiques et de son engagement constant en faveur de l’intégration régionale.
Un signal fort pour l’Afrique de l’Ouest
Dans une sous-région confrontée à des transitions politiques sensibles et à une insécurité persistante, la présence de la Côte d’Ivoire au CPS envoie un signal clair : l’Afrique de l’Ouest entend continuer à peser dans l’architecture sécuritaire continentale. À quelques jours de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement (14-15 février 2026), cette victoire diplomatique renforce le capital d’influence d’Abidjan à Addis-Abeba. Au-delà des discours et des résolutions, la réélection ivoirienne au Conseil de paix et de sécurité consacre une réalité : dans le concert des nations africaines, la Côte d’Ivoire ne se contente plus d’observer les décisions… elle contribue désormais à les façonner. Une présence stratégique aujourd’hui, une responsabilité accrue demain.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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