MÉDIAS / Temps de parole du RN : l’Arcom recadre sévèrement Radio France, polémique en pleine tempête politique.

MÉDIAS / Temps de parole du RN : l’Arcom recadre sévèrement Radio France, polémique en pleine tempête politique.

Coup de semonce dans le paysage audiovisuel français. Jeudi 11 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a officiellement mis en demeure Radio France après avoir constaté des déséquilibres significatifs dans les temps de parole politiques au premier trimestre de l’année. Dans le viseur : France Inter et France Info.


Coup de semonce dans le paysage audiovisuel français. Jeudi 11 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a officiellement mis en demeure Radio France après avoir constaté des déséquilibres significatifs dans les temps de parole politiques au premier trimestre de l’année. Dans le viseur : France Inter et France Info. Comme chaque trimestre, le régulateur a passé au crible le respect du pluralisme politique. Verdict sans appel : les interventions des représentants du Rassemblement national (RN) ont été massivement reléguées aux heures creuses de la nuit.

Entre janvier et mars, près de 60 % du temps de parole du RN sur France Inter a été diffusé entre minuit et 5h59. Une proportion encore plus marquée sur France Info, où elle dépasse les 70 %. Résultat : une présence quasi invisible en journée, avec seulement 9 % des interventions politiques sur France Inter et 9,5 % sur France Info entre 6h et minuit. Une situation jugée problématique par l’Arcom, présidée par Martin Ajdari, qui rappelle l’obligation d’équité et d’impartialité du service public. La sanction est claire : une mise en demeure, premier avertissement avant d’éventuelles mesures plus contraignantes.

Sans surprise, la réaction du Rassemblement national ne s’est pas fait attendre. « Ce comportement n’est plus supportable », a dénoncé Marine Le Pen sur son compte X, accusant le service public d’avoir « sciemment mis à l’écart » son parti. Même ton du côté de Jordan Bardella, qui évoque un manque flagrant de pluralisme. Dans les couloirs de Radio France, le constat chiffré n’est pas contesté. Mais la Direction rejette toute intention politique et évoque plutôt un dysfonctionnement technique. En cause : un nouvel outil de comptabilisation des temps de parole, utilisé depuis janvier 2026, qui ne distinguait pas correctement les diffusions de jour et de nuit. Une mise à jour est en cours, assure-t-on.

Reste que le timing de cette affaire est explosif. Elle intervient quelques semaines seulement après la fin d’une commission d’enquête parlementaire sur la neutralité de l’audiovisuel public, initiée par l’UDR d’Éric Ciotti, allié du RN. Pendant six mois, les débats ont été nourris autour d’un supposé biais des médias publics. Hasard technique ou révélateur d’un malaise plus profond ? Une chose est sûre : dans un climat politique déjà sous tension, cette mise en demeure de l’Arcom risque de relancer, avec fracas, le procès en partialité du service public audiovisuel et de nourrir un peu plus la défiance des citoyens.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN