RDC : L’urgence d’un sursaut face au gouffre humanitaire de 2026.
Le cri d’alarme est lancé. Dans une atmosphère de gravité solennelle à Kinshasa, le gouvernement congolais et les Nations Unies ont officiellement dévoilé, le mercredi 28 janvier 2026, le Plan de réponse humanitaire 2026.
Le cri d’alarme est lancé. Dans une atmosphère de gravité solennelle à Kinshasa, le gouvernement congolais et les Nations Unies ont officiellement dévoilé, le mercredi 28 janvier 2026, le Plan de réponse humanitaire 2026. Ce programme intervient alors que la République démocratique du Congo (RDC) s'enfonce dans une crise d'une complexité sans précédent, prise en étau entre la résurgence des conflits et une indifférence financière internationale de plus en plus marquée.
Le fardeau de l'instabilité
L’est du pays demeure une plaie ouverte. Les affrontements liés au M23 ont engendré une onde de choc migratoire : la RDC compte aujourd’hui 5,3 millions de déplacés internes. Un chiffre vertigineux auquel s'ajoutent les millions de retournés de 2025, souvent démunis de tout. « Nous faisons face à une crise multidimensionnelle, aggravée par le dérèglement climatique et des épidémies récurrentes », a martelé Ève Bazaiba, ministre des Affaires sociales, témoignant de la fermeture en cascade d'ONG sur le terrain.
Le défi du financement et de la sécurité
Bruno Lemarchand, coordinateur humanitaire de l’ONU, a pointé une chute « drastique et soudaine » des financements internationaux. Cette pénurie de ressources force les acteurs humanitaires à des choix impossibles, alors même que l'environnement de travail devient létal.
En 2025, la RDC a confirmé son statut de zone rouge pour les travailleurs de l’ombre : treize humanitaires ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, victimes d'une insécurité chronique et de violations répétées du droit international. Face à ce tableau sombre, l’appel de Kinshasa et de l’ONU est sans équivoque : sans un réengagement immédiat des bailleurs de fonds, l'année 2026 pourrait basculer de la précarité à la tragédie absolue.
Texte et récit : Silvère Bossiei



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