RELIGION / Quand Ramadan et Carême s’ouvrent ensemble : un rare alignement spirituel sous le signe de la foi, du partage et de la fraternité.

RELIGION / Quand Ramadan et Carême s’ouvrent ensemble : un rare alignement spirituel sous le signe de la foi, du partage et de la fraternité.

Le calendrier religieux offre cette année 2026 une coïncidence hautement symbolique : chrétiens et musulmans entament, pratiquement au même moment, deux périodes majeures de recueillement spirituel.


Le calendrier religieux offre cette année 2026 une coïncidence hautement symbolique : chrétiens et musulmans entament, pratiquement au même moment, deux périodes majeures de recueillement spirituel. Le mercredi 18 février marque l’entrée en Carême pour les chrétiens, avec le mercredi des Cendres, tandis que, selon les observations lunaires, les fidèles musulmans devraient débuter le Ramadan le même jour, après l’apparition attendue du croissant lunaire dans la soirée du 17 février. Un synchronisme rarissime qui résonne comme un appel silencieux à la paix, à la solidarité et au vivre-ensemble, dans un monde souvent traversé par des tensions identitaires et religieuses.

Deux chemins spirituels, une même quête intérieure

Le Carême, période de 40 jours dans la tradition chrétienne, invite à la prière, au jeûne, à la pénitence et à la conversion intérieure. Il s’ouvre par le mercredi des Cendres, symbole d’humilité et de retour à l’essentiel, et conduit les fidèles jusqu’à la célébration de Pâques, prévue cette année le 5 avril, après le Vendredi saint du 3 avril 2026. De son côté, le Ramadan, neuvième mois du calendrier islamique, repose sur l’observation du cycle lunaire. Selon les prévisions de l’Association pour l’observation astronomique du Conseil camerounais du croissant lunaire, la nouvelle lune devrait être visible le mardi 17 février au soir, fixant ainsi le début du jeûne au mercredi 18 février, pour une durée de 29 ou 30 jours, avec une fin attendue autour du 20 mars, marquée par la fête de l’Aïd el-Fitr.

Un message de fraternité entre communautés religieuses

Face à cette convergence exceptionnelle, des chefs de culte chrétiens, notamment des évêques catholiques en Belgique, ont adressé un message fort à la communauté musulmane. Dans leur lettre, ils soulignent les racines spirituelles communes du Ramadan et du Carême : la prière, le jeûne, la charité, la maîtrise de soi et l’attention aux plus vulnérables. Au-delà des différences de rites, les deux traditions valorisent la purification du cœur, la solidarité avec les démunis et le renforcement du lien social. Une proximité spirituelle qui prend tout son sens dans les sociétés multiculturelles, notamment en Afrique, où chrétiens et musulmans cohabitent souvent au sein des mêmes familles, quartiers et communautés.

Un temps de discipline, de partage et d’élévation

Durant le Ramadan, les musulmans observent un jeûne quotidien de l’aube au coucher du soleil, rythmé par la prière, la lecture du Coran et les actes de générosité. Le Carême, quant à lui, invite les chrétiens à une sobriété volontaire, à l’aumône et à une vie spirituelle plus intense. Dans les deux cas, le jeûne n’est pas qu’une privation alimentaire : il s’agit d’un exercice de discipline intérieure, destiné à purifier l’âme et à recentrer la vie sur l’essentiel.

Une coïncidence porteuse d’espérance

Dans un contexte mondial marqué par les crises et les divisions, cette simultanéité du Ramadan et du Carême apparaît comme un puissant symbole d’unité spirituelle. Guides religieux et fidèles y voient une occasion unique de renforcer le dialogue interreligieux, de multiplier les actions de solidarité et de promouvoir la paix sociale. Plus qu’un simple hasard du calendrier, cet alignement des temps sacrés rappelle une vérité universelle : quelles que soient les traditions, les croyants marchent souvent vers la même lumière, celle de la foi, du pardon et de l’amour du prochain. Et si, cette année, le jeûne devenait aussi un pont entre les cœurs, un moment où la spiritualité dépasse les frontières religieuses pour réconcilier les consciences autour d’une valeur commune, l’humanité partagée ?

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN