Séisme politique au Cameroun : Théodore Datouo succède à L’indéboulonnable Cavayé Yeguié.
C’est une page d’histoire qui s’est tournée le mardi 17 mars 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé au Cameroun. Pour la première fois depuis plus de trois décennies, l’Assemblée nationale du Cameroun a changé de visage.
C’est une page d’histoire qui s’est tournée le mardi 17 mars 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé au Cameroun. Pour la première fois depuis plus de trois décennies, l’Assemblée nationale du Cameroun a changé de visage. Le député Théodore Datouo a été porté à la tête de la Chambre basse, mettant fin au règne de Cavayé Yeguié Djibril, titulaire du perchoir sans interruption depuis 1992.
Originaire de la région de l’Ouest et figure montante du sérail, Théodore Datouo n’est pas un inconnu des couloirs du pouvoir. Jusqu’alors vice-président de l’institution, sa promotion a été scellée par le comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Ce choix, dicté par le parti au pouvoir sous le haut patronage du président Paul Biya, semble privilégier une transition maîtrisée plutôt qu’une rupture brutale. Le départ de Cavayé Yeguié Djibril, élu pour la première fois députée en 1973, marque la fin d’une ère pour celui qui était devenu une figure quasi permanente du paysage institutionnel.
Si ce renouvellement suscite l’espoir d’un souffle nouveau, les réactions restent contrastées au sein de la société civile. L’avocat et militant des droits humains Nkongho Felix Agbor a d’ores et déjà tempéré l’enthousiasme général sur les réseaux sociaux. Pour lui, cette élection constitue avant tout un « test pour la crédibilité, l’indépendance et le rôle réel du Parlement ». Entre promesse de renouveau et continuité partisane, le mandat de Théodore Datouo sera scruté de près par les observateurs de la scène politique africaine.
Texte et récit : Silvère Bossiei



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