SANTÉ / Cancer du sein et de la prostate : le CNRAO double la survie des patients et impose une nouvelle culture de performance.
Le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) franchit un cap décisif. Réuni en comité de direction le lundi 15 juin 2026, l’établissement a dressé un bilan sans complaisance de son système de gestion basé sur la performance avec des résultats qui marquent un tournant dans la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire.
Le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) franchit un cap décisif. Réuni en comité de direction le lundi 15 juin 2026, l’établissement a dressé un bilan sans complaisance de son système de gestion basé sur la performance avec des résultats qui marquent un tournant dans la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire. Dans une atmosphère à la fois lucide et engagée, les responsables du centre ont salué les avancées tout en pointant les axes d’amélioration. Une démarche assumée, portée par une volonté claire : renforcer l’efficacité au service des patients.
Présidant la cérémonie, le Pr Eddy Edmond, président du Conseil d’orientation et de surveillance (COS), a donné le ton. Pour lui, la signature des contrats de performance n’est pas un simple exercice administratif, mais un véritable levier de transformation. « Il s’agit d’un acte de bonne gouvernance qui installe durablement la redevabilité et l’excellence au cœur de notre fonctionnement », a-t-il insisté. Mais c’est surtout sur le terrain des résultats que le CNRAO impressionne. La directrice générale, la professeure Judith Didi-Kouko Coulibaly, a dévoilé des chiffres éloquents : le taux de survie des patients est passé de 31 % en 2017 à 63 % aujourd’hui. Mieux encore, ce taux atteint 85 % lorsque les cancers sont détectés précocement.
Même dynamique pour le cancer de la prostate, avec une survie à cinq ans désormais établie à 72 %, et jusqu’à 93 % en cas de dépistage précoce. Quant au cancer du col de l’utérus, 61 % des patientes survivent au-delà de cinq ans, un chiffre qui grimpe à 88 % avec un diagnostic anticipé. Des performances qui rapprochent désormais le CNRAO des standards internationaux. « Nous démontrons que la Côte d’Ivoire est capable d’offrir des soins de qualité comparable aux meilleures structures occidentales », a affirmé la directrice générale, non sans fierté.
Autre avancée majeure : l’équité dans l’accès aux soins. Le centre garantit que les contraintes financières ne constituent plus un frein. Paiements échelonnés, différés, accompagnement social, aucun patient n’est laissé de côté. Dans cette dynamique, les contrats de performance signés par les responsables du centre fixent désormais des objectifs précis et mesurables. Une approche moderne du management hospitalier, saluée par le Dr Bernard Kpaho, inspecteur général de la Santé et représentant du ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle Pierre N'gou Dimba. « Ce n’est pas un simple document, mais un engagement moral et professionnel au service du public », a-t-il souligné. À travers cette transformation en profondeur, le CNRAO ne se contente plus de soigner : il redéfinit les standards de la prise en charge du cancer en Côte d’Ivoire. Et derrière les chiffres, une réalité s’impose : chaque progrès est une vie sauvée, chaque performance une espérance retrouvée.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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