SANTÉ / Madagascar : le “kompoze” vire au cauchemar, 69 personnes intoxiquées à Antananarivo.
À Antananarivo, la capitale malgache, un simple plat populaire s’est transformé en véritable alerte sanitaire. Vendredi 15 mai 2026, dans le quartier de Namontana, 69 personnes ont été victimes d’une intoxication alimentaire collective après avoir consommé du « kompoze » dans une gargote très fréquentée.
À Antananarivo, la capitale malgache, un simple plat populaire s’est transformé en véritable alerte sanitaire. Vendredi 15 mai 2026, dans le quartier de Namontana, 69 personnes ont été victimes d’une intoxication alimentaire collective après avoir consommé du « kompoze » dans une gargote très fréquentée.
Tout commence comme une soirée ordinaire. Dans cette petite échoppe de quartier, clients et habitués dégustent ce plat traditionnel malgache, une salade composée, réputée pour sa simplicité et son prix accessible. Mais dès le lendemain, les premiers signes inquiétants apparaissent : vomissements, violents maux de tête, douleurs abdominales. Rapidement, la situation dégénère.
Dimanche 17 mai, les services de santé sont débordés. Au total, 69 personnes sont admises en urgence, dont 29 encore hospitalisées au CHU Joseph-Ravoahangy-Andrianavalona. Les 40 autres patients, pris en charge à temps, ont pu regagner leur domicile après les premiers soins. Le ministère de la Santé publique a confirmé une toxico-infection alimentaire collective. La ministre Monira Managna s’est personnellement rendue au chevet des victimes, annonçant une prise en charge totale des soins par l’État jusqu’à leur rétablissement.
Mais derrière cet incident, une réalité bien plus préoccupante refait surface. Quelques jours plus tôt déjà, treize étudiants avaient été intoxiqués après avoir consommé une simple salade dans le nord-ouest du pays. Deux affaires rapprochées qui pointent du doigt les mêmes failles : aliments mal conservés, hygiène approximative, contrôles sanitaires insuffisants.
Dans les quartiers populaires, ces gargotes restent pourtant indispensables. Elles nourrissent chaque jour des milliers de ménages modestes, attirés par des prix défiant toute concurrence. Mais à quel coût ? Car à Antananarivo, une question s’impose désormais avec insistance : jusqu’où peut-on fermer les yeux sur l’hygiène quand il s’agit de manger à bas prix ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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