Afrique-Europe : Le poids du dissensus et la géographie de l’opposition.
Afrique-Europe : Le poids du dissensus et la géographie de l’opposition.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le paysage politique mondial offre un contraste saisissant dans la gestion de la contradiction. Si en Europe, l’exemple de la France illustre un modèle où l’opposition est une composante structurelle de l’État installée au cœur des institutions et protégée par un cadre juridique stable, la réalité africaine présente une configuration plus complexe.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
27 Janvier 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le paysage politique mondial offre un contraste saisissant dans la gestion de la contradiction. Si en Europe, l’exemple de la France illustre un modèle où l’opposition est une composante structurelle de l’État installée au cœur des institutions et protégée par un cadre juridique stable, la réalité africaine présente une configuration plus complexe. Sur le continent, l’exercice de l’opposition politique demeure une trajectoire à haut risque, souvent marquée par la rupture ou l'éloignement.
L’histoire politique africaine est hantée par la disparition prématurée de figures de proue. Les trajectoires de Thomas Sankara au Burkina Faso, de Sylvanus Olympio au Togo, de Patrice Lumumba au Congo ou de Mouammar Kadhafi en Libye témoignent d’une époque où la divergence idéologique se solde fréquemment par une élimination physique. Ces précédents historiques continuent de peser sur la psyché politique du continent, définissant un rapport au pouvoir où la passation pacifique n'est pas encore la règle universelle. Aujourd'hui, si les modes opératoires ont évolué, la tension reste vive entre les gouvernements en place et ceux qui aspirent à les remplacer. On observe une persistance des trajectoires d'exil ou de contrainte.
Des figures comme Ousmane Sonko au Sénégal (avant son accession auxresponsabilités d’état), de Bobi Wine en Ouganda ou encore de Constant Mumtamba de la République démocratique du Congo (RDC) illustrent la difficulté de mener un combat politique sur le terrain national sans se heurter à l'appareil judiciaire ou sécuritaire. Pour une partie de cette élite contestataire, l’exil devient l’unique espace d’expression possible. Qu’il s’agisse de Succès Masra (Tchad), Tundu Lissu (Tanzanie), Sébastien Ajavon (Bénin), Cellou Dalein Diallo (République de Guinée) ou Guillaume Soro (Côte d'Ivoire), l'éloignement géographique est souvent la conséquence d'une impasse politique locale.
Cette situation touche également les activistes et influenceurs de la ‘’souveraineté’’, tels que Kémi Séba, Nathalie Yamb ou Franklin Nyamsi, dont les discours se déploient hors des frontières de leurs nations d'origine. En somme, là où la démocratie européenne semble avoir intégré le conflit comme un moteur de régulation interne, de nombreux systèmes africains perçoivent encore la contradiction comme une menace à la stabilité de l'État. Le défi pour le continent africain reste la normalisation du statut de l'opposant, afin que la quête du pouvoir ne soit plus synonyme de départ brutal ou de silence après le pouvoir.
Texte et récit : Silvère Bossiei



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