Nigeria : Le spectre d’un putsch avorté devant la justice militaire.
Nigeria : Le spectre d’un putsch avorté devant la justice militaire.
Un documentaire de Agence Presse Audio
L’état-major nigérian a brisé le silence lundi 26 janvier 2026 en confirmant la mise en jugement de plusieurs officiers pour une tentative de coup d’État contre le président Bola Tinubu.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
27 Janvier 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
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Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
L’état-major nigérian a brisé le silence lundi 26 janvier 2026 en confirmant la mise en jugement de plusieurs officiers pour une tentative de coup d’État contre le président Bola Tinubu. Ce revirement officiel met fin à des mois de démentis et de zones d'ombre au sommet de l'État. L’affaire qui couvait depuis l’année dernière, prend désormais une tournure judiciaire. Après avoir initialement évoqué de simples « problèmes de discipline » pour justifier l’arrestation de 16 officiers en octobre dernier, l’armée admet aujourd'hui l'existence d'un complot visant à renverser le pouvoir civil.
Le major-général Samaila Uba a annoncé la clôture de l’enquête, précisant que les suspects seront traduits devant un tribunal militaire. Un pouvoir fragilisé par les soupçons Ce complot présumé intervient dans un climat de haute tension pour la démocratie nigériane, rétablie en 1999 après des décennies de dictature militaire. Si aucune date de procès n'a été communiquée, les enjeux sont colossaux : les accusés encourent la peine de mort. En coulisses, la riposte politique ne s’est pas faite attendre. Peu après les premières alertes, le président Tinubu a opéré un remaniement brutal au sein du haut commandement, signe d'une crise de confiance majeure. « Aucune faille de renseignement de cette ampleur ne peut rester impunie », confiait alors une source gouvernementale.
Une armée sous haute pression
Cette instabilité interne s'inscrit dans un contexte sécuritaire alarmant. Les Forces armées, déjà mobilisées contre l'insurrection de Boko Haram et de l'État islamique (ISWAP), font face à une érosion du moral des troupes. Les soldats dénoncent régulièrement des retards de solde et des conditions de vie précaires.
Entre le banditisme au Nord-Ouest et le séparatisme au Sud-Est, l'armée est au bord de l'épuisement et face à l’enlisement, les États-Unis ont intensifié leur soutien via des frappes conjointes et un partage accru de renseignements au Sahel. Alors que les analystes redoutent une recrudescence de la violence en 2025, ce procès militaire fera office de test pour la stabilité de l'administration Tinubu et la loyauté d'une institution militaire historiquement prompte aux coups de force.
Texte et récit : Silvere Bossiei



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