CULTURE / Koumassi Campement : M’Badon brise le silence, entre vérité historique et larmes de compassion.

CULTURE / Koumassi Campement : M’Badon brise le silence, entre vérité historique et larmes de compassion.

CULTURE / Koumassi Campement : M’Badon brise le silence, entre vérité historique et larmes de compassion.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le ton est grave, l’émotion palpable. Le samedi 13 juin 2026, à l’espace Gbaprè-Djèmin de la chefferie de Cocody, le village de M’Badon est sorti de sa réserve pour livrer sa version des faits sur l'historique du quartier Campement de Koumassi, au cœur d’une vive polémique foncière.

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Agence Presse Audio


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16 Juin 2026


Réalisation

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Agence Presse Radio


Production

Agence Presse Audio

Le ton est grave, l’émotion palpable. Le samedi 13 juin 2026, à l’espace Gbaprè-Djèmin de la chefferie de Cocody, le village de M’Badon est sorti de sa réserve pour livrer sa version des faits sur l'historique du quartier Campement de Koumassi, au cœur d’une vive polémique foncière. Face à la presse et aux différentes générations du village (Gnandô, Dougbô, Tchagba, Blessoué), Alexandre Loba, porte-parole principal de la chefferie, a remonté le fil du temps avec précision. Selon lui, les terres concernées ont été acquises par les ancêtres de M’Badon dès le XIXe siècle. « Dans les années 1950, sous l’administration du chef Djeké André, le patriarche N’Da Koua a été autorisé à s’installer sur cet espace avec ses proches et ses ouvriers. Ainsi est né N’da Kouakro », a-t-il expliqué.

Un point clé martelé avec fermeté : ces terres n’ont jamais été vendues. « Le seul et véritable propriétaire reste la communauté de M’Badon », insiste-t-il, précisant qu’une attestation officielle lie encore aujourd’hui le campement à la chefferie. Cette sortie intervient dans un contexte particulièrement tendu, quelques jours après la destruction de près de 34 hectares d’habitations à N’da Kouakro. Mais au-delà du débat foncier, c’est surtout la détresse humaine qui a marqué les esprits.

Edmond Koutouan, secrétaire général du village, n’a pas caché l’émotion de la chefferie. « Le chef, l’honorable Mamkambou Gnanwa Affôh Esaïe, a coulé des larmes face à cette souffrance », confie-t-il. Une délégation s’était déjà rendue sur place pour apporter un soutien moral aux familles sinistrées, aujourd’hui exposées en pleine saison des pluies. Dans un élan de solidarité, M’Badon annonce une vaste opération d’entraide. Vivres, vêtements et produits de première nécessité sont sollicités auprès des populations, des communautés religieuses et des bonnes volontés.

Sur le terrain, le désarroi est total. « Nous sommes découragés. Nous vivons ici depuis des générations et aujourd’hui, nous n’avons plus rien », témoigne un représentant des familles touchées. Entre rappel historique et appel à la solidarité, M’Badon tente de concilier mémoire et humanité. Mais une question demeure en suspens : dans ce conflit où se croisent héritage, droit et urgence sociale, qui reconstruira l’espoir des sinistrés ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN