Culture : Antoinette Konan sacrée aux TAKAD 2025 : la tradition ivoirienne à l’honneur sur la scène africaine.

Culture : Antoinette Konan sacrée aux TAKAD 2025 : la tradition ivoirienne à l’honneur sur la scène africaine.

Culture : Antoinette Konan sacrée aux TAKAD 2025 : la tradition ivoirienne à l’honneur sur la scène africaine.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Lauréate du prix du Meilleur artiste des tendances africaines aux TAKAD 2025, Antoinette Konan obtient une reconnaissance majeure qui consacre une carrière dédiée à la valorisation de la musique traditionnelle ivoirienne.

3:24 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

28 Janvier 2026


Réalisation

Agence Presse Radio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Audio


Production

Agence Presse Audio

Lauréate du prix du Meilleur artiste des tendances africaines aux TAKAD 2025, Antoinette Konan obtient une reconnaissance majeure qui consacre une carrière dédiée à la valorisation de la musique traditionnelle ivoirienne. Longtemps incomprise, cette musique est aujourd’hui saluée à l’échelle du continent africain.

Ecoutons un bout

« Ce n’est pas évident de faire entendre raison aux consommateurs de musique », confie l’artiste, née et formée à Abidjan, souvent interrogée sur son choix assumé de défendre la tradition. Pourtant, cette fidélité à ses racines, a précisément façonné son identité artistique. En s’appropriant la musique de son terroir baoulé, Antoinette Konan a fait le pari de l’authenticité en attirant l’attention sur sa région, sur l’Ahoco (instrument de musique traditionnel) et sur un patrimoine culturel menacé de disparition.

Cette distinction internationale résonne comme une victoire personnelle. « C’est la preuve que la musique que je fais est écoutée un peu partout en Afrique », se réjouit-elle. Rarement primée dans son propre pays pour son travail strictement traditionnel, l’artiste voit dans ce trophée une confirmation forte. Son œuvre trouve enfin l’écho qu’elle mérite. « Si déjà en Afrique ça commence à faire des vagues, c’est tant mieux. » 

Au-delà de la musique, Antoinette Konan revendique une démarche artistique globale où se croisent trois dimensions indissociables, le vestimentaire, l’instrumental et le musical. Son univers navigue entre tradition pure, variété moderne et héritage académique acquis au conservatoire d’Abidjan. Longtemps critiquée pour le port du pagne baoulé sur scène, elle constate aujourd’hui que ce choix, autrefois moqué, est devenu une véritable signature. « La musique a pris, le style aussi. Je continue de chercher, de créer, de respecter les tabous et les codes de ma tradition. »

Surnommée la Reine de l’Ahoco, l’artiste ivoirienne insiste sur l’urgence de préserver l’ensemble des instruments traditionnels africains, dont beaucoup sont aujourd’hui menacés. Si l’Ahoco gagne progressivement en popularité, elle invite ses pairs à explorer d’autres sonorités ancestrales et à résister à la tentation du tout urbain, souvent perçu comme plus rentable mais beaucoup moins enraciné. 

À la suite des TAKAD 2025, Antoinette Konan annonce la sortie prochaine d’un nouvel album. Son ambition est de bénéficier de soutiens financiers afin d’exporter son œuvre au-delà des frontières ivoiriennes, de multiplier les festivals internationaux et de faire de la musique traditionnelle un véritable cri d’alarme face à l’érosion des valeurs culturelles africaines.

À l’endroit de la jeune génération et des organisateurs des TAKAD, elle adresse un message sans détour. Elle appelle à refuser les cercles fermés et à célébrer les artistes sincères, porteurs de sens et de patrimoine. « Je veux être appréciée par ceux qui découvrent mon travail, parce que j’apporte quelque chose à l’Afrique. » Avec ce sacre aux TAKAD 2025, Antoinette Konan ne célèbre pas seulement un prix. Elle rappelle surtout que la tradition, lorsqu’elle est assumée et réinventée, demeure capable de rassembler, d’émouvoir et de rayonner.

Texte : La plume de la Bagoué

Récit : Marie-Paule N’GUESSAN