Institution. Louvre à l’arrêt : la colère des agents force la fermeture du musée le plus visité du monde.
Institution. Louvre à l’arrêt : la colère des agents force la fermeture du musée le plus visité du monde.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le musée du Louvre, à Paris en France, n’ouvrira pas ses portes ce lundi 15 décembre 2025. Les salariés de l’institution parisienne ont voté à l’unanimité une grève reconductible à l’appel des syndicats CFDT, CGT et SUD, entraînant la fermeture immédiate du plus grand musée du monde.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
15 Décembre 2025
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Production
Agence Presse Audio
Le musée du Louvre, à Paris en France, n’ouvrira pas ses portes ce lundi 15 décembre 2025. Les salariés de l’institution parisienne ont voté à l’unanimité une grève reconductible à l’appel des syndicats CFDT, CGT et SUD, entraînant la fermeture immédiate du plus grand musée du monde. Un signal fort dans un contexte de crise profonde, marqué par une accumulation de dysfonctionnements et une défiance grandissante envers la direction.
Depuis plusieurs semaines, la situation s’est tendue au sein de l’établissement, déjà fragilisé par le cambriolage spectaculaire du 19 octobre 2025. Les représentants du personnel dénoncent une dégradation continue des conditions de travail et de l’accueil du public, conséquence directe, selon eux, d’un sous-effectif chronique. En quinze ans, près de 200 postes équivalent temps plein auraient disparu, alors que la fréquentation a explosé, passant à près de neuf millions de visiteurs annuels. Cette pression accrue se traduit par des files d’attente interminables, des salles surchargées et une multiplication des incidents techniques dans un bâtiment vieillissant.
La direction du Louvre envisage une ouverture partielle en recensant les agents non-grévistes tandis que les syndicats avertissent que la mobilisation pourrait se prolonger sans progrès concrets. Les grévistes réclament des embauches, une hausse des salaires et une meilleure prise en compte de la sécurité des œuvres et des visiteurs.
Des discussions sont engagées entre les organisations syndicales, la direction du musée et le ministère de la Culture. La ministre Rachida Dati a annoncé confier à Philippe Jost, actuel responsable de l’établissement public chargé de la restauration de Notre-Dame de Paris, une mission de réorganisation globale du Louvre. Une décision accueillie avec scepticisme par une partie des salariés, qui y voient une mise sous tutelle de la présidence actuelle plutôt qu’un soutien clair ou un changement assumé de gouvernance.
Le gouvernement s’est également engagé à annuler la baisse de 5,7 millions d’euros de la subvention publique prévue dans le projet de loi de finances 2026. Une concession jugée insuffisante par la CGT, quand la CFDT salue un climat de dialogue plus constructif, sans pour autant estimer la crise résolue. Parallèlement, le Sénat poursuit son travail d’enquête sur la gestion du musée. Cette semaine, la commission de la culture doit auditionner successivement l’ancien président Jean-Luc Martinez, puis l’actuelle dirigeante Laurence des Cars. Les sénateurs cherchent à comprendre pourquoi deux audits internes particulièrement préoccupants n’ont été pris en compte qu’après le vol d’octobre, révélant des failles structurelles longtemps restées ignorées.
Symbole du rayonnement culturel français, le Louvre se trouve aujourd’hui au cœur d’un conflit social et institutionnel majeur. Au-delà de la fermeture exceptionnelle, cette grève met en lumière un enjeu plus large, celui de la soutenabilité d’un modèle fondé sur une fréquentation massive, des moyens humains contraints et des exigences patrimoniales toujours plus élevées.
Texte : La plume de la Bagoué



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