MÉDIAS / Cameroun : la vidéo choc qui bouleverse le procès Martinez Zogo à Yaoundé.

MÉDIAS / Cameroun : la vidéo choc qui bouleverse le procès Martinez Zogo à Yaoundé.

MÉDIAS / Cameroun : la vidéo choc qui bouleverse le procès Martinez Zogo à Yaoundé.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo a franchi un cap aussi décisif que glaçant. Devant le tribunal militaire de la capitale camerounaise, une vidéo insoutenable montrant l’animateur de radio torturé a été projetée pour la première fois. Une séquence qui a plongé la salle dans une sidération totale.

3:18 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

03 Juin 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Audio


Production

Agence Presse Audio

Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo a franchi un cap aussi décisif que glaçant. Devant le tribunal militaire de la capitale camerounaise, une vidéo insoutenable montrant l’animateur de radio torturé a été projetée pour la première fois. Une séquence qui a plongé la salle dans une sidération totale. Figure médiatique connue pour ses prises de position incisives sur les dérives du pouvoir, Martinez Zogo, de son vrai nom Arsène Salomon Mbani Zogo, avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant d’être retrouvé mort, atrocement mutilé, quelques jours plus tard.

Une preuve numérique accablante

L’audience du lundi 1er juin 2026 a été dominée par l’intervention du Professeur Georges Bell Bitjocka, expert en informatique, chargé d’analyser les données extraites des téléphones des accusés. Résultat : des captures d’écran, des échanges compromettants, et surtout cette vidéo de torture, retrouvée dans un compte Google attribué à Godje Oumarou, membre présumé du commando. Sur les images, l’animateur apparaît ensanglanté, les bras ligotés dans le dos, suppliant qu’on lui vienne en aide. Une oreille entaillée, le visage tuméfié. Une scène d’une violence extrême qui a arraché des larmes à plusieurs personnes présentes dans la salle. « À la fin de la vidéo, j’ai détourné le regard. Même les accusés semblaient abattus », a confié Me Ludovic Zabze, avocat de la radio Amplitude FM, visiblement marqué.

Des échanges troublants au cœur du dossier

L’analyse des données révèle également des conversations datant du soir de l’enlèvement. Godje Oumarou échange alors avec Justin Danwe, haut responsable à la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), qui lui ordonne de « prendre les images de la souris », une expression codée que les enquêteurs associent à la victime. Ces éléments viennent renforcer les soupçons pesant sur plusieurs figures clés du dossier, dont Jean-Pierre Amougou Belinga, Bruno Bidjang ou encore Martin Savom, tous cités dans les expertises techniques. Cependant, la défense de Léopold Maxime Eko Eko, ex-directeur général de la DGRE, rejette toute implication. « Aucun lien avec les faits n’a été établi », a martelé son avocat, Me Séri Zokou.

Un procès sous haute tension

Pour les ayants droit de la victime, ces révélations pourraient être déterminantes. « Si le tribunal s’appuie sur ce rapport, 98 % du travail est déjà fait », estime Me Calvin Job. Ouvert le 25 mars 2024 après de longs blocages procéduraux, ce procès hors norme, impliquant 17 accusés, entre désormais dans une phase critique. Les débats sur le fond, lancés en septembre 2025, prennent une tournure plus concrète avec l’exploitation de ces preuves numériques.

Une affaire qui hante encore le Cameroun

Plus de trois ans après les faits, l’affaire Martinez Zogo continue de secouer l’opinion publique. Derrière les révélations techniques et les batailles judiciaires, une question persiste : qui a ordonné, exécuté, et tenté d’effacer les traces ? Car désormais, une chose est sûre : malgré les silences, malgré les dénégations, les images, elles, parlent, et elles accusent.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN