Ouganda : Le duel Bobi Wine contre la dynastie Museveni.

Ouganda : Le duel Bobi Wine contre la dynastie Museveni.

Ouganda : Le duel Bobi Wine contre la dynastie Museveni.

Un documentaire de Agence Presse Audio


À l’approche d’un scrutin présidentiel sous haute tension, l’Ouganda s’enfonce dans une crise de légitimité démocratique. D’un côté, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, 43 ans, tente une seconde fois de renverser le régime de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

2:12 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

13 Janvier 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Audio


Production

Agence Presse Audio

À l’approche d’un scrutin présidentiel sous haute tension, l’Ouganda s’enfonce dans une crise de légitimité démocratique. D’un côté, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, 43 ans, tente une seconde fois de renverser le régime de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

De retour dans son fief de Kamwookya, l’ex-chanteur devenu tribun, harangue les foules malgré une répression féroce. Entre arrestations répétées et violences militaires, Wine dénonce une campagne « confisquée » par l’armée, citant des exactions documentées par Amnesty International. 

Pourtant, le véritable duel semble se jouer contre une ombre omniprésente, bien qu’absente du bulletin : Muhoozi Kainerugaba, fils du président et chef des armées. Longtemps nié, le « Projet Muhoozi » visant une succession héréditaire est désormais une réalité politique. Nommé général quatre étoiles par son père, Kainerugaba ne cache plus ses ambitions : « Je serai président de l’Ouganda après mon père », déclarait-il dès 2023.

Cette ascension fulgurante, qualifiée de « transition dynastique » par l’historien Mwambutsya Ndebesa, verrouille les institutions. Kainerugaba dispose désormais de prérogatives présidentielles au sein de l’armée, plaçant ses fidèles à tous les postes clés. Face à ce culte de la personnalité naissant, où certains le qualifient de « Dieu le fils », l’opposition s’inquiète. Le général est connu pour ses sorties virulentes, ayant menacé de « décapiter » Bobi Wine ou de prendre ses rivaux.

Au sein même du parti au pouvoir, de rares voix s’élèvent contre ce glissement monarchique. Kahinda Otafiire, ministre de l’Intérieur, appelle à une « concurrence loyale », craignant que l’essence de la démocratie ne se dissolve dans une lignée de « Sultans ». Alors que Museveni, 81 ans, brigue un septième mandat, l’élection du jeudi 15 janvier 2026 apparaît pour beaucoup comme un simulacre destiné à légitimer, par les urnes ou par la force, le maintien du clan familial au sommet de l’État.

Texte et récit : Silvere Bossiei