Gambie : L’heure des réparations sonne pour les victimes de l’ère Jammeh.

Gambie : L’heure des réparations sonne pour les victimes de l’ère Jammeh.

Gambie : L’heure des réparations sonne pour les victimes de l’ère Jammeh.

Un documentaire de Agence Presse Audio


C’est un tournant historique pour la justice transitionnelle en Gambie. Le lundi 12 janvier 2026, la Commission nationale des réparations a officiellement lancé le versement des premières indemnisations aux victimes du régime de Yahya Jammeh.

2:04 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

13 Janvier 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Audio


Production

Agence Presse Audio

C’est un tournant historique pour la justice transitionnelle en Gambie. Le lundi 12 janvier 2026, la Commission nationale des réparations a officiellement lancé le versement des premières indemnisations aux victimes du régime de Yahya Jammeh. Ce processus financier vise à compenser les atrocités commises durant les vingt-deux ans de pouvoir de l’ancien dirigeant, entre juillet 1994 et janvier 2017. Ces indemnisations, qui s’effectueront par vagues successives, sont le fruit d’un travail de longue haleine mené par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC). 

Lancée en 2017 par le président Adama Barrow, cette instance avait pour mission herculéenne de briser le silence sur une « sombre période » marquée par un climat de terreur systématique. Pendant deux ans, la TRRC a recueilli des témoignages glaçants, révélant l’ampleur d’un système répressif où les exécutions sommaires, la torture et les disparitions forcées étaient érigées en mode de gouvernance. Outre la vérité historique, le mandat de la commission incluait l’identification formelle des victimes et la proposition de mécanismes de prévention pour garantir que de tels abus ne se reproduisent plus jamais sur le sol gambien.

Lors de la remise du rapport final en 2021, la communauté internationale, par la voix d’Amnesty International, avait exhorté les autorités à un « engagement sans équivoque ». Michèle Eken, chercheuse pour l’organisation, rappelait alors que ces réparations étaient la condition sine qua non pour que les victimes, longtemps privées de leurs droits fondamentaux et de leur liberté d’expression, puissent enfin obtenir justice. 

En concrétisant ces paiements aujourd’hui, Banjul envoie un signal fort à la région : celui de la fin de l’impunité et de la reconnaissance officielle de la souffrance des citoyens. Si l’argent ne peut effacer les traumatismes des deux décennies passées, il marque néanmoins le premier pas concret vers une réconciliation nationale attendue par tout un peuple.

Texte et récit : Silvere Bossiei