SANTÉ / Côte d’Ivoire : La Gendarmerie Nationale ouvre la voie et brise le silence sur la santé mentale.

SANTÉ / Côte d’Ivoire : La Gendarmerie Nationale ouvre la voie et brise le silence sur la santé mentale.

SANTÉ / Côte d’Ivoire : La Gendarmerie Nationale ouvre la voie et brise le silence sur la santé mentale.

Un documentaire de Agence Presse Audio


La santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus d’un milliard de personnes souffrent de troubles psychologiques, dont la dépression et l’anxiété, qui génèrent un coût humain et socio-économique considérable.

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12 Décembre 2025


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La santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus d’un milliard de personnes souffrent de troubles psychologiques, dont la dépression et l’anxiété, qui génèrent un coût humain et socio-économique considérable. En Côte d’Ivoire, la situation est préoccupante : une étude menée en 2024 révélait que 33 % de la population est touchée par des troubles mentaux, un taux montant à 44 % chez les personnes déplacées. Alors que l’OMS ambitionne des systèmes de prise en charge robustes à 80 % en Afrique d’ici 2030, le pays intensifie ses efforts, notamment en direction des jeunes et des forces de sécurité.

C’est dans ce contexte que la Gendarmerie Nationale a lancé, le mardi 9 décembre 2025, une campagne inédite consacrée à la santé mentale de ses personnels. Sous la présidence du Général de Corps d’Armée Alexandre Apalo Touré, Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale, la salle de conférence de la caserne d’Agban s’est transformée en tribune d’échanges, d’alerte et de sensibilisation. Face à un sujet longtemps relégué au silence, le Médecin-Colonel-Major Atta Bossian Patrick, Chef de la Division Santé, a brisé le tabou en abordant frontalement la dépression au sein des forces de l’ordre. À ses côtés, le Médecin-Colonel Karaboué Aboubakar, psychiatre, a détaillé les effets corrosifs du stress opérationnel sur l’équilibre psychologique des gendarmes, rappelant la nécessité de mécanismes d’accompagnement adaptés.

Le message fort du Commandant Supérieur a donné le ton : placer le bien-être mental au cœur des priorités, instaurer une culture d’écoute active au sein des unités, renforcer la cohésion et promouvoir la solidarité. Il s’agit d’un appel à l’action, mais aussi d’un engagement institutionnel. Les urgences sont réelles. En juillet 2024, Abidjan avait été secouée par deux suicides de gendarmes en l’espace de 48 heures, dans les communes du Plateau et de Port-Bouët. Des drames qui témoignent de la vulnérabilité d’hommes et de femmes souvent perçus uniquement à travers la rigueur de l’uniforme. La campagne lancée vient répondre à un besoin pressant : offrir un accompagnement, prévenir les crises et protéger les vies.

Sur le plan mondial, l’intégration de la santé mentale dans les soins primaires progresse, mais reste insuffisante. Si 71 % des pays répondent à au moins trois critères clés de l’OMS, seuls 22 sont en mesure de fournir des données complètes sur la prise en charge des psychoses. Dans les pays à revenu faible, moins de 10 % des personnes concernées reçoivent un traitement approprié, contre plus de 50 % dans les pays à revenu élevé. Les objectifs du Plan d’action global de l’OMS sont encore loin d’être atteints.

À travers cette initiative, la Gendarmerie Nationale de Côte d’Ivoire s’inscrit dans une dynamique internationale : reconnaître, traiter et prévenir les troubles mentaux tout en protégeant ceux qui protègent la nation. Un rappel essentiel : derrière chaque uniforme se trouve une femme ou un homme dont la force repose autant sur la discipline que sur un esprit sain et soutenu.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN