SANTÉ / Ebola : la Russie avance ses pions, un vaccin “prometteur” contre la souche Bundibugyo en ligne de mire.

SANTÉ / Ebola : la Russie avance ses pions, un vaccin “prometteur” contre la souche Bundibugyo en ligne de mire.

SANTÉ / Ebola : la Russie avance ses pions, un vaccin “prometteur” contre la souche Bundibugyo en ligne de mire.

Un documentaire de Agence Presse Audio


La course contre la montre s’intensifie face à la résurgence du virus Ebola. Alors que la souche ‘’Bundibugyo’’ alimente une nouvelle flambée épidémique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, une annonce venue de Moscou vient rebattre les cartes : la Russie affirme avoir développé un vaccin « susceptible de protéger » contre cette variante encore sans solution homologuée.

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02 Juin 2026


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La course contre la montre s’intensifie face à la résurgence du virus Ebola. Alors que la souche ‘’Bundibugyo’’ alimente une nouvelle flambée épidémique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, une annonce venue de Moscou vient rebattre les cartes : la Russie affirme avoir développé un vaccin « susceptible de protéger » contre cette variante encore sans solution homologuée.

Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), qui coordonne la riposte continentale, aucun vaccin validé n’existe à ce jour contre "Bundibugyo". Deux candidats sont certes en développement, dont le plus avancé pourrait entrer en phase d'essai dans les deux à trois mois. Mais pour l’heure, aucune donnée, ni animale ni humaine, ne permet de juger de leur efficacité.

C’est dans ce contexte d’incertitude que le ministre russe de la santé Mikhaïl Mourachko, a adressé un message personnel à Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC. Objectif : présenter un vaccin conçu par l’Institut de recherche Gamaleya, à Moscou. Jeudi 28 mai 2026, lors d’un briefing en ligne à la presse depuis Kinshasa, Jean Kaseya a confirmé avoir reçu cette information, tout en appelant à la prudence.

Basé sur une technologie à vecteur viral, utilisant un virus modifié inoffensif pour stimuler l’immunité, ce sérum combine deux vecteurs distincts afin de renforcer la réponse immunitaire. Mais un point soulève des interrogations : ce vaccin cible initialement la souche Zaïre du virus Ebola, et non Bundibugyo. Alors pourquoi Moscou se dit-il confiant ? Des discussions techniques sont imminentes pour éclaircir cette équation scientifique. « Nous voulons comprendre avant de tirer des conclusions », tempère Jean Kaseya, prudent mais ouvert.

Pendant ce temps, la pression monte. La Somalie rejoint désormais la liste des onze pays considérés à risque, aux côtés de la RDC et de l’Ouganda. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà déclenché une alerte internationale, tout en reconnaissant que l’ampleur réelle de l’épidémie reste probablement sous-estimée.

Malgré les incertitudes, l’objectif est clair : l’Africa CDC promet qu’un vaccin et un traitement contre la souche "Bundibugyo" seront disponibles d’ici fin 2026. Un pari ambitieux dans une bataille où chaque jour compte. Car au-delà des annonces et des promesses, une question demeure : la science ira-t-elle assez vite pour devancer le virus ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN