SANTÉ / Espagne : Pedro Sánchez ouvre l’hôpital public aux sans-papiers, l’opposition crie à “l’appel d’air migratoire”.

SANTÉ / Espagne : Pedro Sánchez ouvre l’hôpital public aux sans-papiers, l’opposition crie à “l’appel d’air migratoire”.

SANTÉ / Espagne : Pedro Sánchez ouvre l’hôpital public aux sans-papiers, l’opposition crie à “l’appel d’air migratoire”.

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Le gouvernement espagnol franchit un nouveau cap dans sa politique migratoire. À partir d’avril 2026, les personnes en situation irrégulière pourront accéder plus facilement au système de santé public en Espagne.

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11 Mars 2026


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Le gouvernement espagnol franchit un nouveau cap dans sa politique migratoire. À partir d’avril 2026, les personnes en situation irrégulière pourront accéder plus facilement au système de santé public en Espagne. Une mesure annoncée le 10 mars par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui suscite déjà une vive polémique dans le pays.

Concrètement, toute personne sans titre de séjour pourra désormais se rendre dans un centre de santé public, dans l’une des 17 régions espagnoles, pour recevoir des soins. La procédure a été simplifiée : il suffira de remplir un formulaire et de signer une déclaration sur l’honneur attestant qu’elle ne peut être soignée par un autre dispositif. Un document provisoire sera alors délivré immédiatement, permettant l’accès aux consultations et traitements.

Cette réforme marque une évolution majeure. Jusqu’ici, les migrants sans papiers pouvaient déjà bénéficier de soins, mais les démarches étaient souvent longues, complexes et très variables selon les régions. Désormais, le dispositif vise à uniformiser et faciliter l’accès aux soins sur tout le territoire.

La porte-parole du gouvernement et ministre de l’Inclusion et des Migrations, Elma Saiz, affirme qu’il s’agit d’une première dans la reconnaissance formelle du droit à la santé pour les étrangers en situation irrégulière. « Le texte réglemente pour la première fois la reconnaissance du droit à la protection de la santé et aux soins pour les personnes étrangères qui ne résident pas légalement ici », a-t-elle expliqué à l’issue du Conseil des ministres. Pour faire passer la réforme malgré l’absence de majorité au Parlement, le gouvernement a choisi la voie du décret royal, une procédure qui permet une adoption rapide sans vote parlementaire.

Mais la décision provoque une levée de boucliers dans l’opposition. Le conservateur Parti populaire (Espagne) accuse le gouvernement de transformer l’irrégularité migratoire en droit, tandis que le parti d’extrême droite Vox redoute un « effet d’appel » susceptible d’encourager davantage de migrations clandestines. Pour le gouvernement Sánchez, au contraire, il s’agit d’une question de santé publique et de dignité humaine. Et avec la régularisation annoncée de près de 500 000 migrants, l’Espagne assume plus que jamais sa politique d’ouverture… quitte à s’isoler dans une Europe de plus en plus divisée sur la question migratoire.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN