SCIENCE / STEOM : le “stérilet masculin” français qui pourrait révolutionner la contraception dès 2033.

SCIENCE / STEOM : le “stérilet masculin” français qui pourrait révolutionner la contraception dès 2033.

SCIENCE / STEOM : le “stérilet masculin” français qui pourrait révolutionner la contraception dès 2033.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Et si la contraception masculine entrait enfin dans une nouvelle ère ? Longtemps limitée au préservatif ou à la vasectomie, souvent perçue comme définitive, elle pourrait bientôt connaître un tournant décisif grâce à une innovation venue de France.

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02 Juin 2026


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Et si la contraception masculine entrait enfin dans une nouvelle ère ? Longtemps limitée au préservatif ou à la vasectomie, souvent perçue comme définitive, elle pourrait bientôt connaître un tournant décisif grâce à une innovation venue de France. Depuis plusieurs années, des chercheuses du CHU de Lille travaillent sur un dispositif inédit baptisé STEOM.

Son principe ? Une micro-pince placée sur les canaux déférents, ces conduits qui transportent les spermatozoïdes. Contrairement à la vasectomie, il ne s’agit pas de couper, mais de dévier le flux, à la manière d’un robinet que l’on ferme. Résultat : les spermatozoïdes n’entrent plus dans le sperme, sans altérer leur production ni la fertilité à long terme.

L’intervention, rapide, environ 15 minutes sous anesthésie locale se veut simple, sans points de suture ni pansement. Encore plus prometteur : le dispositif est entièrement réversible et conçu pour une efficacité pouvant atteindre trois ans. Porté notamment par Jessica Schiro, docteure en biomécanique, et l’andrologue Julie Prasivoravong, le projet répond à une double réalité : une explosion des demandes de vasectomie (multipliées par quinze en une décennie) et une volonté croissante des femmes de s’éloigner des contraceptions hormonales.

Mais avant d’arriver dans les cabinets médicaux, le STEOM doit encore franchir plusieurs étapes. Les essais sur animaux devraient débuter prochainement, suivis, si tout se déroule comme prévu, d’études cliniques chez l’homme à l’horizon 2030. Une mise sur le marché n’est donc pas envisagée avant 2033, le temps de satisfaire aux exigences réglementaires européennes. Au-delà de la prouesse technique, cette innovation soulève une question de société majeure : et si la charge contraceptive devenait enfin réellement partagée ? Car au fond, le STEOM n’est pas qu’un dispositif médical. C’est peut-être le symbole d’un nouvel équilibre, où choisir, changer d’avis et décider à deux ne seraient plus des exceptions, mais la norme.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN