Souveraineté minière : le Mali prend le contrôle de sa production d’explosifs.

Souveraineté minière : le Mali prend le contrôle de sa production d’explosifs.

Souveraineté minière : le Mali prend le contrôle de sa production d’explosifs.

Un documentaire de Agence Presse Audio


À Bamako, l’État franchit une étape symbolique et stratégique dans sa quête de « souveraineté économique ». En prenant le contrôle majoritaire d’une usine d’explosifs civils en partenariat avec un géant chinois, le pays entend sécuriser sa filière aurifère et réduire sa dépendance aux importations de produits sensibles.

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28 Janvier 2026


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À Bamako, l’État franchit une étape symbolique et stratégique dans sa quête de « souveraineté économique ». En prenant le contrôle majoritaire d’une usine d’explosifs civils en partenariat avec un géant chinois, le pays entend sécuriser sa filière aurifère et réduire sa dépendance aux importations de produits sensibles. C’est un décret qui, sous ses airs de simple ajustement comptable, dessine les contours de la nouvelle doctrine malienne. À l'issue du dernier Conseil des ministres le vendredi 23 janvier 2026, les autorités de transition ont officialisé l'acquisition de 51 % du capital de la Société Industrielle du Centre du Mali FARATCHI-CO-SA. Une prise de participation majoritaire qui propulse l'État au poste de pilotage de la fabrication nationale d’articles pyrotechniques. 

Un virage stratégique et sécuritaire

Jusqu’à présent, le Mali troisième producteur d'or du continent derrière le Ghana et l'Afrique du Sud restait tributaire de circuits d’importation complexes pour s'approvisionner en explosifs, indispensables à l’extraction minière et au génie civil. Dans un contexte de tensions sécuritaires régionales, la maîtrise de ces « produits sensibles » est devenue une priorité absolue pour Bamako. Cette nationalisation de fait s’appuie sur un partenariat solide : Le partenaire : La société chinoise Auxin, acteur majeur du secteur, avec qui un pacte d'actionnaires avait été discrètement paraphé en novembre 2024.  L'objectif : Créer une filière locale intégrée pour réduire les coûts, mais surtout pour verrouiller la surveillance et la traçabilité des stocks.

L'ombre du nouveau Code minier

Cette annonce n'est pas isolée. Elle s’inscrit dans le sillage de la réforme du Code minier adoptée récemment, dont l'ambition affichée est de « faire briller l'or pour les Maliens ».  En s'immisçant dans la chaîne de valeur de la fourniture d'intrants jusqu'à l'extraction l’État cherche à maximiser les retombées locales d’une industrie qui pèse pour près de 10 % du PIB national. « Il s’agit de renforcer la gestion des explosifs, de développer une industrie locale et d'améliorer les mécanismes de sécurité », précise le communiqué officiel. Si le pari industriel est clair, le défi reste de taille : transformer une industrie d'importation en un fleuron de production nationale capable de répondre aux exigences techniques des géants miniers mondiaux opérant sur le sol malien.

Texte et récit : Silvere Bossiei