L’ex-égérie de l’OPEP face au miroir de la justice britannique.
L’ex-égérie de l’OPEP face au miroir de la justice britannique.
Un documentaire de Agence Presse Audio
C’est une chute aussi vertigineuse que les gratte-ciel de Lagos. Diezani Alison-Madueke, l’ancienne « dame de fer » du pétrole nigérian et première femme à avoir régné sur l’OPEP, comparaît depuis mardi 27 janvier 2026 devant la Southwark Crown Court de Londres.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
28 Janvier 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
C’est une chute aussi vertigineuse que les gratte-ciel de Lagos. Diezani Alison-Madueke, l’ancienne « dame de fer » du pétrole nigérian et première femme à avoir régné sur l’OPEP, comparaît depuis mardi 27 janvier 2026 devant la Southwark Crown Court de Londres. Derrière le luxe de South Kensington se dessine, selon l’accusation, un système de corruption d’une ampleur tentaculaire. À 65 ans, celle qui fut la ministre des Ressources pétrolières de Goodluck Jonathan (2011-2015) doit répondre d’une « vie de luxe » indue.
Les procureurs britanniques ont égrené un inventaire à la Prévert, version pétrodollars : jets privés, rénovations de demeures londoniennes, frais de scolarité pour son fils et virées shopping frénétiques chez Harrods ou Louis Vuitton. Ce train de vie fastueux aurait été le prix de la complaisance pour l'obtention de contrats majeurs avec la NNPC, la compagnie nationale nigériane.
L'accusation cible particulièrement les largesses octroyées par des intermédiaires liés aux groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical. Des enveloppes de 100 000 livres en espèces aux voitures avec chauffeurs, chaque privilège est ici requalifié en pot-de-vin. « En tant que ministre, elle n’aurait jamais dû accepter ces avantages », a martelé le parquet, pointant un mélange des genres délétère entre l’intérêt public et les profits privés de ses proches, dont son frère, également poursuivi.
Libre sous caution depuis 2015, Mme Alison-Madueke nie tout en bloc. Mais le filet se resserre. Alors que ses biens immobiliers ont déjà été saisis au Nigeria et que la justice américaine s'intéresse à son cas, ce procès londonien, prévu pour durer jusqu'au 24 avril, résonne comme un test majeur pour l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA). Au-delà du destin d’une femme, c’est le procès d’une époque où l’or noir nigérian servait trop souvent à dorer les blasons des élites de passage sur les rives de la Tamise.
Texte et récit : Silvere Bossiei



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