TECHNOLOGIE / Smartphones sous surveillance : ce que la loi autorise ‘’et ce qu’elle refuse encore’’.

TECHNOLOGIE / Smartphones sous surveillance : ce que la loi autorise ‘’et ce qu’elle refuse encore’’.

TECHNOLOGIE / Smartphones sous surveillance : ce que la loi autorise ‘’et ce qu’elle refuse encore’’.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Peut-on accéder à votre smartphone à votre insu ? La question, loin d’être théorique, revient au cœur de l’actualité depuis le 15 juillet 2026, ravivant les inquiétudes autour de la protection des données personnelles.

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Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

17 Juillet 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Radio


Production

Agence Presse Audio

Peut-on accéder à votre smartphone à votre insu ? La question, loin d’être théorique, revient au cœur de l’actualité depuis le 15 juillet 2026, ravivant les inquiétudes autour de la protection des données personnelles. Le grand public en a pris conscience avec le scandale Pegasus en 2021 : des journalistes, notamment de Mediapart, avaient été ciblés par des intrusions à distance, orchestrées pour le compte de certains États. Même Jeff Bezos, patron d’Amazon, aurait vu son téléphone compromis après la réception d’une simple vidéo via WhatsApp. Des attaques discrètes, parfois invisibles, rendues possibles par la complexité croissante des smartphones.

Mais cette capacité d’intrusion ne sert pas uniquement à espionner. Elle permet aussi aux forces de l’ordre de démanteler des réseaux criminels, comme dans l’affaire EncroChat, encore jugée aujourd’hui. Toute la difficulté réside donc dans cet équilibre fragile : protéger les citoyens sans porter atteinte à leurs libertés.

En France, la loi encadre strictement ces pratiques. Le code de procédure pénale et le code de la sécurité intérieure autorisent, sous conditions, la captation de données informatiques à l’insu d’un individu. Depuis la loi du 23 mars 2019, les autorités peuvent même recourir à des moyens classés secret défense pour infiltrer un système, voire faire appel à des sociétés privées spécialisées.

En 2023, le gouvernement a tenté d’aller plus loin, en proposant l’activation à distance des micros et caméras des téléphones. Une mesure choc, largement critiquée et partiellement censurée le 16 novembre de la même année par le Conseil constitutionnel. Jugée disproportionnée, cette surveillance intrusive a été rejetée, notamment parce qu’elle pouvait capter des personnes étrangères à une enquête. Seule la géolocalisation en temps réel a été validée.

Sur le plan technique, les intrusions reposent sur l’exploitation de failles, appelées vulnérabilités, présentes dans les systèmes. Attaques à distance, SMS piégés, logiciels espions ou manipulations physiques : les méthodes sont multiples et souvent combinées. Certaines, dites « zéro clic », ne nécessitent même aucune action de la victime. Face à cela, les géants de la tech renforcent leurs dispositifs, comme le mode « lockdown » des iPhones. Mais aucun système n’est infaillible. Le facteur humain reste le maillon faible, et les cyberattaques, de plus en plus sophistiquées, continuent d’évoluer.

Derrière ce débat, une question cruciale persiste : faut-il affaiblir la sécurité des téléphones avec des « portes dérobées » pour faciliter les enquêtes ? Pour de nombreux experts, la réponse est claire : introduire de telles failles reviendrait à fragiliser tous les utilisateurs. Car au final, dans ce jeu d’équilibre entre sécurité et liberté, une certitude s’impose : ce qui protège les enquêteurs aujourd’hui pourrait exposer les citoyens demain.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN