ACTUALITÉ DU CONTINENT/ Gabon : Accusations de torture, démenti du pouvoir… la guerre des mots éclate entre Sylvia Bongo et les autorités.

ACTUALITÉ DU CONTINENT/ Gabon : Accusations de torture, démenti du pouvoir… la guerre des mots éclate entre Sylvia Bongo et les autorités.

Près de trois ans après le coup d’État qui a mis fin au règne de la famille Bongo, une nouvelle bataille se joue désormais sur le terrain médiatique. L’ancienne Première dame du Gabon, Sylvia Bongo, accuse les nouvelles autorités de graves exactions pendant sa détention.


Près de trois ans après le coup d’État qui a mis fin au règne de la famille Bongo, une nouvelle bataille se joue désormais sur le terrain médiatique. L’ancienne Première dame du Gabon, Sylvia Bongo, accuse les nouvelles autorités de graves exactions pendant sa détention. Des propos que le gouvernement gabonais qualifie aussitôt de « diffamatoires ». Dans un entretien exclusif accordé à France 24 dans l’émission "En tête à tête", le 6 mars 2026, animée par le journaliste Marc Perelman, Sylvia Bongo est revenue pour la première fois sur les vingt mois passés en détention après le renversement du régime en août 2023. 

Depuis Londres, où elle vit aujourd’hui en exil, l’épouse de l’ancien président Ali Bongo affirme avoir subi, aux côtés de son fils Noureddin Bongo Valentin, des violences physiques particulièrement choquantes. L’ancienne Première dame décrit notamment des scènes de torture infligées à son fils sous ses yeux. Elle affirme également avoir été attachée par des militaires qui auraient volontairement fait venir son fils déjà blessé avant de le frapper à nouveau devant elle.

Sylvia Bongo, condamnée le 12 novembre 2025 à 20 ans de prison par contumace pour détournement de fonds, rejette par ailleurs les accusations financières qui pèsent contre elle et assure être victime d’un règlement de comptes politique. Mais ces déclarations ont immédiatement provoqué la colère du gouvernement gabonais. Lors d’une conférence de presse, le ministre de la Communication Germain Biahodjow a catégoriquement rejeté ces accusations.

Dans son témoignage, Sylvia Bongo affirme aussi avoir été convoquée à trois reprises par l’actuel président de transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, durant sa détention. Elle assure qu’au cours de leur première rencontre, ce dernier l’aurait menacée de ne « jamais être libérée ». Autre révélation marquante de l’entretien : l’ancienne Première dame affirme ne plus vouloir remettre les pieds au Gabon, expliquant avoir été insultée et traitée de « sale blanche » pendant sa détention.

Pendant ce temps, à Libreville, les autorités maintiennent leur ligne : la justice gabonaise a parlé et la condamnation de Sylvia Bongo reste valable. Entre accusations de torture, démentis officiels et règlements de comptes politiques, cette nouvelle sortie médiatique ravive les tensions autour de la chute du régime Bongo. Et rappelle que, même loin du pouvoir, l’ombre de l’ancienne dynastie continue de hanter la scène politique gabonaise.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN