ACTUALITÉ INTERNATIONALE - ROYAUME-UNI / Affaire Epstein : Tempête à Downing Street, le chef de la communication de Starmer démissionne à son tour.

ACTUALITÉ INTERNATIONALE - ROYAUME-UNI / Affaire Epstein : Tempête à Downing Street, le chef de la communication de Starmer démissionne à son tour.

L’hémorragie continue au sommet de l’État britannique. En moins de 24 heures, deux piliers de Downing Street ont quitté le navire, plongeant un peu plus le Premier ministre Keir Starmer dans une zone de fortes turbulences politiques.


L’hémorragie continue au sommet de l’État britannique. En moins de 24 heures, deux piliers de Downing Street ont quitté le navire, plongeant un peu plus le Premier ministre Keir Starmer dans une zone de fortes turbulences politiques. Dans un communiqué lapidaire, Tim Allan, directeur de la communication du Premier ministre, a annoncé avoir « décidé de se retirer pour permettre la constitution d’une nouvelle équipe à Downing Street ».

Une formule diplomatique qui masque mal la gravité de la situation. Nommé il y a seulement cinq mois, cet ancien stratège des médias était considéré comme un rouage essentiel du dispositif politique de Starmer. Son départ intervient au lendemain de la démission du directeur de cabinet Morgan McSweeney, survenue dimanche 8 février 2026. Deux figures clés évincées en l’espace de quelques heures : un signal d’alerte retentissant au cœur du pouvoir britannique.

Une crise alimentée par l’ombre d’Epstein

En toile de fond, un scandale qui ne cesse d’enfler : les révélations concernant Peter Mandelson, ex-ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis. Ses liens passés avec le financier et pédocriminel Jeffrey Epstein étaient connus de Keir Starmer au moment de sa nomination en 2024, selon plusieurs sources. Cette information a provoqué une onde de choc au sein du Parti travailliste et dans l’opinion publique. L’opposition accuse le Premier ministre d’un grave manque de discernement politique et moral. Pour ses détracteurs, il ne s’agit plus seulement d’une erreur de casting, mais d’un problème de jugement. Déjà fragilisé par une popularité en berne, Keir Starmer voit aujourd’hui son autorité directement questionnée.

Downing Street sous pression maximale

Malgré la tourmente, un porte-parole assure que le Premier ministre « se concentre sur son travail » et qu’il s’est montré « optimiste et confiant » lors d’une réunion avec son équipe lundi matin. Une communication maîtrisée, mais qui peine à dissiper les doutes. Dans la soirée, Starmer doit s’adresser aux députés travaillistes. L’intervention est attendue comme un moment de vérité : tentative de reprise en main ou nouvelle étape dans l’érosion de son leadership ? Pour l’heure, Downing Street exclut toute démission du chef du gouvernement. Mais en politique britannique, l’histoire récente a démontré qu’une accumulation de crises peut rapidement devenir fatale.

Une autorité à reconstruire

En perdant coup sur coup son directeur de cabinet et son directeur de la communication, Keir Starmer ne fait pas qu’ajuster son équipe : il expose une fragilité structurelle au sommet de l’exécutif. L’« affaire Epstein » agit désormais comme un révélateur des tensions internes et des failles stratégiques du pouvoir travailliste. La question n’est plus seulement de savoir qui partira ensuite, mais combien de temps le Premier ministre pourra contenir la pression. Car à Londres, quand la confiance vacille, le compte à rebours politique commence.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN