CULTURE / Alliances interethniques : Françoise Remarck et Myss Belmonde Dogo veulent redonner vie aux Maisons des chefs.

CULTURE / Alliances interethniques : Françoise Remarck et Myss Belmonde Dogo veulent redonner vie aux Maisons des chefs.

À Abidjan-Plateau, la culture et la solidarité ont parlé d’une même voix. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et celle de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Myss Belmonde Dogo, ont tenu le lundi 2 mars 2026, une séance de travail stratégique consacrée à la promotion des alliances interethniques, à la transmission des valeurs culturelles et à la prise en charge des artistes en situation de vulnérabilité.


À Abidjan-Plateau, la culture et la solidarité ont parlé d’une même voix. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et celle de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Myss Belmonde Dogo, ont tenu le lundi 2 mars 2026, une séance de travail stratégique consacrée à la promotion des alliances interethniques, à la transmission des valeurs culturelles et à la prise en charge des artistes en situation de vulnérabilité. Au cœur des échanges : la redynamisation des Maisons des chefs, ces infrastructures construites dans plusieurs chefs-lieux de région et de sous-préfecture pour accompagner la chefferie traditionnelle. Pour les deux ministres, ces espaces doivent désormais devenir de véritables lieux de transmission culturelle et de dialogue entre générations.

L’objectif affiché est clair : renforcer la cohésion nationale en s’appuyant sur les valeurs culturelles ivoiriennes, notamment les alliances interethniques qui ont longtemps constitué un socle de paix et de vivre-ensemble dans le pays. Pour Françoise Remarck, cette rencontre marque une étape importante dans la convergence des politiques publiques. « Le ministère de la Culture et de la Francophonie porte des missions essentielles liées à la préservation de notre patrimoine et à la transmission des valeurs qui fondent la cohésion nationale. Il était important de croiser nos approches afin de garantir la dignité de nos artistes, notamment lorsqu’ils traversent des situations difficiles », a-t-elle indiqué.

La ministre a également insisté sur le rôle stratégique de la culture comme levier de transformation sociale, soulignant que les artistes participent activement à la vitalité économique et à la consolidation du tissu social. Dans cette dynamique, les Maisons des chefs pourraient devenir des centres vivants de transmission des savoirs traditionnels, où des « trésors humains vivants » partageront leur expérience avec les jeunes générations. Il s’agira notamment de promouvoir les valeurs de paix, de respect et de solidarité qui caractérisent l’histoire culturelle ivoirienne.

De son côté, Myss Belmonde Dogo a salué l’engagement de sa collègue et expliqué que cette rencontre visait également à mieux comprendre les actions sociales menées en faveur des acteurs culturels, afin de renforcer la synergie gouvernementale. « Nous allons travailler ensemble, en associant d’autres ministères, pour apporter une réponse globale à la vulnérabilité des artistes », a-t-elle assuré. Elle a aussi insisté sur la nécessité d’animer les Maisons des chefs, souvent limitées aujourd’hui à des réunions de chefferie. Selon elle, ces infrastructures doivent devenir des espaces dynamiques de sensibilisation culturelle et de dialogue communautaire, notamment pour les jeunes.

Autre annonce forte issue de cette rencontre : la volonté d’inscrire une “Journée des alliés” à l’agenda national. Cette célébration aurait pour vocation de rappeler aux Ivoiriens, l’importance historique des alliances interethniques dans la construction de la paix et de l’unité du pays. À l’issue des échanges, les deux ministres ont décidé de mettre en place un comité technique chargé d’élaborer un plan d’action conjoint, qui devra déboucher sur un arrêté interministériel formalisant cette collaboration. Une initiative qui ambitionne de replacer la culture au cœur du vivre-ensemble ivoirien, en faisant des traditions et des alliances entre peuples, un rempart durable contre les divisions et un moteur de cohésion nationale.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN