FAITS DIVERS / Haute-Loire : le curé s’évapore avec la caisse et laisse derrière lui une paroisse entre colère et pardon.

FAITS DIVERS / Haute-Loire : le curé s’évapore avec la caisse et laisse derrière lui une paroisse entre colère et pardon.

C’est une affaire qui secoue en silence les clochers de la Haute-Loire en France. À Paulhaguet, petit village de 850 âmes, le père Michel a disparu des radars depuis le mois de mars 2026. Parti officiellement en congé à Madagascar, son pays d’origine, le prêtre n’est jamais revenu et n’a pas voyagé les mains vides.


C’est une affaire qui secoue en silence les clochers de la Haute-Loire en France. À Paulhaguet, petit village de 850 âmes, le père Michel a disparu des radars depuis le mois de mars 2026. Parti officiellement en congé à Madagascar, son pays d’origine, le prêtre n’est jamais revenu et n’a pas voyagé les mains vides.

Selon les informations révélées par les médias le jeudi 2 juillet, le religieux est soupçonné d’avoir emporté avec lui entre 5 000 et 6 000 euros, soit l’intégralité des dons et quêtes de la paroisse. Une somme modeste à l’échelle des scandales financiers, mais lourde de sens pour cette communauté rurale qui vit au rythme de la solidarité et de la confiance.

L’alerte est donnée à la fin de l’hiver, lorsque des bénévoles constatent des anomalies dans les comptes. Rapidement, l’évêque du Puy-en-Velay, Monseigneur Yves Baumgarten, est informé. Le père Michel est convoqué. Face à ses supérieurs, il nie les faits, peine à convaincre, puis disparaît dans la foulée, direction Madagascar.

Depuis, plus aucune nouvelle.

Face à cette situation aussi délicate que rare, l’évêque prend une décision ferme : le prêtre est relevé de ses fonctions et sommé de ne plus revenir dans le diocèse. Une sanction lourde, mais sans poursuite judiciaire. Car contre toute attente, l’Église choisit de ne pas porter plainte.

« Les preuves étaient compliquées à établir… et nous avons fait un autre choix », confie Monseigneur Baumgarten. Il évoque aussi « une faiblesse humaine », rappelant que le prêtre venait d’un pays marqué par la pauvreté, où l’argent liquide peut représenter une tentation difficile à ignorer.

À Paulhaguet, l’heure est au désarroi. Certains fidèles se disent trahis. D’autres préfèrent se souvenir du missionnaire investi, présent depuis six ans, dont le mandat venait d’être renouvelé. Entre incompréhension et indulgence, la paroisse vacille. Un nouveau curé prendra ses fonctions le 1er septembre prochain, avec la mission délicate de reconstruire un lien abîmé. Mais dans ce village discret, une question persiste, presque murmurée : peut-on vraiment tourner la page quand celui qui prêchait la foi est parti avec la caisse ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN