JUSTICE / Séisme à la CPI : le procureur Karim Khan révoqué sur fond de scandale sexuel.

JUSTICE / Séisme à la CPI : le procureur Karim Khan révoqué sur fond de scandale sexuel.

C’est une décision historique qui secoue la justice internationale. Vendredi 24 juillet 2026, les États membres de la Cour pénale internationale (CPI) ont voté à une large majorité la révocation de leur procureur général, Karim Khan. Une première dans l'institution judiciaire, jusque-là jamais confrontée à une telle destitution à ce niveau.


C’est une décision historique qui secoue la justice internationale. Vendredi 24 juillet 2026, les États membres de la Cour pénale internationale (CPI) ont voté à une large majorité la révocation de leur procureur général, Karim Khan. Une première dans l'institution judiciaire, jusque-là jamais confrontée à une telle destitution à ce niveau.

Le magistrat britannique, suspendu depuis juin, faisait l’objet d’une enquête interne après de graves accusations d’agression sexuelle portées par une collaboratrice. Malgré ses dénégations fermes, un rapport interne évoque des « manquements graves », tandis que des documents consultés par l’Associated Press suggèrent une relation intime avec la plaignante, assortie de pressions pour étouffer l’affaire.

Cette chute brutale intervient dans un climat déjà explosif pour la CPI, sous pression constante de l’administration du président américain Donald Trump. Washington reproche notamment à la Cour, ses mandats d’arrêt visant de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans le contexte de la guerre à Gaza, ainsi que ses enquêtes sur des militaires américains en Afghanistan.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a d’ailleurs récemment haussé le ton, annonçant une « campagne globale » pour contrer l’influence de la CPI, avec, à la clé, sanctions, restrictions de visas et pressions diplomatiques sur les États membres. Malgré ce coup de tonnerre, les procédures judiciaires engagées par la Cour restent intactes : seuls les juges ont le pouvoir de maintenir ou d’annuler les mandats d’arrêt en cours.

En destituant Karim Khan, la CPI ouvre une page inédite de son histoire, mais aussi une période d’incertitude. Entre crise interne et tensions géopolitiques, l’institution censée incarner la justice internationale se retrouve elle-même au cœur d’un procès mondial.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN