SANTÉ / Innovation, IA, Recherche : Depuis Genève, Pierre N’Gou Dimba sonne la mobilisation pour une Afrique actrice de sa propre révolution sanitaire.

SANTÉ / Innovation, IA, Recherche : Depuis Genève, Pierre N’Gou Dimba sonne la mobilisation pour une Afrique actrice de sa propre révolution sanitaire.

Depuis Genève en Suisse, le ton est donné : l’Afrique ne veut plus être spectatrice. En marge de la 79e Assemblée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 17 mai 2026, le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a porté une voix ferme et sans détour lors de la 28e édition des Rencontres francophones de la santé.


Depuis Genève en Suisse, le ton est donné : l’Afrique ne veut plus être spectatrice. En marge de la 79e Assemblée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 17 mai 2026, le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a porté une voix ferme et sans détour lors de la 28e édition des Rencontres francophones de la santé.

Organisée par les Entreprises du médicament (LEEM) en partenariat avec l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), cette rencontre stratégique s’est articulée autour d’un thème brûlant : « l’accès mondial à l’innovation sanitaire dans un contexte géopolitique en mutation ». Et sur ce terrain, le ministre ivoirien n’a pas mâché ses mots. « Les Africains ne sont plus prêts à se contenter de ce qu’on veut bien leur donner. »

Une déclaration forte, presque un tournant, qui résume une ambition claire : faire de l’Afrique un producteur de solutions sanitaires, et non, plus un simple marché. Face aux leçons encore fraîches de la pandémie de Covid-19, le message est limpide : sans souveraineté sanitaire, pas de sécurité sanitaire. 

Pour Pierre N’Gou Dimba, cela passe par la construction d’écosystèmes solides intégrant recherche, innovation, formation, régulation pharmaceutique et exploitation intelligente des données de santé. Dans un monde où l’intelligence artificielle redéfinit déjà la médecine, où la télémédecine abolit les distances et où les données deviennent stratégiques, l’Afrique doit accélérer, et surtout, structurer son avance.

Le ministre a également insisté sur un point clé : l’union. Car isolés, les pays africains restent vulnérables. Ensemble, ils peuvent bâtir un véritable marché pharmaceutique intégré et des pôles d’excellence régionaux capables de rivaliser à l’échelle mondiale.

Côté ivoirien, les signaux sont déjà au vert. Entre la montée en puissance du Centre national de radiothérapie et d’oncologie médicale (CNROM) de Grand-Bassam, le rôle de référence de l’Institut de cardiologie d’Abidjan (ICA), l’extension de la Couverture maladie universelle (CMU) et la mise en place d’une plateforme nationale d’interopérabilité des données de santé, le pays avance ses pions avec méthode.

Une dynamique alignée sur la vision du président Alassane Ouattara : bâtir un système de santé moderne, accessible et résilient. À Genève, plus qu’un discours, c’est une posture qui s’affirme : celle d’une Afrique qui revendique sa place dans la fabrique de la santé mondiale. Et si, finalement, l’innovation en santé ne venait plus seulement d’ailleurs, mais aussi d’ici ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN