GENRE / Gambie : l’interdiction de l’excision menacée devant la Cour suprême.
GENRE / Gambie : l’interdiction de l’excision menacée devant la Cour suprême.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Adoptée en 2015, la loi gambienne interdisant les mutilations génitales féminines (MGF) est aujourd’hui contestée devant la Cour suprême, ravivant un débat sensible au sein de la société.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
29 Décembre 2025
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Adoptée en 2015, la loi gambienne interdisant les mutilations génitales féminines (MGF) est aujourd’hui contestée devant la Cour suprême, ravivant un débat sensible au sein de la société. Ce texte, issu de plusieurs années de plaidoyer mené par des ONG locales et internationales, vise à protéger les jeunes filles contre une pratique aux conséquences graves sur la santé physique et mentale.
La loi prévoit des sanctions sévères, allant jusqu’à trois ans de prison pour les auteurs et complices, ainsi que des amendes pouvant atteindre 1 300 dollars. Malgré ce cadre juridique strict, l’excision reste largement pratiquée dans le pays. Selon l’UNICEF, environ 73 % des femmes âgées de 15 à 49 ans en ont été victimes, le plus souvent dès l’enfance, plaçant la Gambie parmi les pays les plus touchés au monde.
La remise en cause actuelle fait suite à un recours déposé le 18 décembre 2025, par le député Almameh Gibba, soutenu par des organisations religieuses et des militants pro-excision. Ils invoquent la liberté religieuse et le respect des traditions culturelles, protégés par la Constitution. Cet argument est toutefois contesté par de nombreux théologiens musulmans, qui soulignent que l’excision ne repose sur aucun fondement dans les textes de l’Islam et relève avant tout d’une pratique culturelle.
Après l’échec début 2024 d’une tentative de dépénalisation au Parlement grâce à la mobilisation de la société civile, les partisans de l’excision ont choisi la voie judiciaire. De leur côté, les défenseurs des droits des femmes restent mobilisés, d’autant plus que le décès récent d’un nourrisson après une excision clandestine a choqué l’opinion. La décision attendue de la Cour suprême représente un enjeu majeur : un éventuel recul législatif ferait de la Gambie l’un des rares pays à revenir en arrière sur la protection des droits des femmes et des filles.
Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN



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