SANTÉ / VIH : L’ONUSIDA alerte sur le recul mondial le plus grave depuis des décennies.

SANTÉ / VIH : L’ONUSIDA alerte sur le recul mondial le plus grave depuis des décennies.

SANTÉ / VIH : L’ONUSIDA alerte sur le recul mondial le plus grave depuis des décennies.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Alors que le monde s’apprête à marquer la Journée mondiale de lutte contre le sida 2025, un signal d’alarme retentit. Dans son rapport intitulé « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida »

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27 Novembre 2025


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Alors que le monde s’apprête à marquer la Journée mondiale de lutte contre le sida 2025, un signal d’alarme retentit. Dans son rapport intitulé « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida », l’ONUSIDA dévoile une situation critique : la lutte contre le VIH subit en 2025 son plus lourd revers depuis plusieurs décennies, conséquence directe d’une crise sans précédent de l’aide internationale.

Un choc financier brutal qui fragilise la réponse mondiale

Le 25 novembre 2025, depuis Genève, la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima, a dénoncé l’impact « dévastateur » des coupes budgétaires massives. En cause, notamment, l’arrêt brutal des financements américains depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en début d’année. D’autres bailleurs historiques ont, eux aussi, réduit drastiquement leur aide publique au développement. Les projections de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) sont inquiétantes : –30 à –40 % d’aide extérieure dédiée à la santé en 2025 par rapport à 2023. Une chute qui provoque une véritable onde de choc dans les pays à faible et moyen revenu, déjà en situation précaire.

Des services vitaux à l’arrêt

Cette crise remet en cause des années de progrès durement acquis. Les exemples se multiplient : Baisse des mises sous traitement dans 13 pays ; Ruptures de stocks de kits de dépistage en Éthiopie et en RDC ; Effondrement de la distribution de la prophylaxie pré-exposition (PrEP), notamment en Ouganda, au Burundi et au Viêt Nam. En Afrique subsaharienne, 450 000 femmes privées des “mères référentes”, un dispositif essentiel de prévention mère-enfant. Forte diminution de la circoncision médicale volontaire, créant un « fossé de protection » pour des millions d’hommes. Déjà en 2024, la vulnérabilité des jeunes femmes et adolescentes s’accentuait : 570 nouvelles infections quotidiennes parmi les 15–24 ans dans le monde.

Droits humains en recul : un terrain encore plus hostile

Parallèlement à la crise financière, l’environnement mondial des droits humains se dégrade. Pour la première fois depuis 2008, le nombre de pays criminalisant les relations entre personnes de même sexe ou l’expression de genre a augmenté. Les restrictions visant la société civile, en particulier les organisations travaillant avec les populations clés et les jeunes femmes, compliquent davantage l’accès aux services de prévention et de soins.

Des pays résilients malgré tout

Face à ce contexte alarmant, plusieurs nations ont mobilisé des ressources pour limiter l’effondrement des services. Le Nigeria, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et la Tanzanie ont annoncé un renforcement de leurs investissements nationaux dans les programmes liés au VIH.L’ONUSIDA accompagne aujourd’hui plus de 30 pays dans l’accélération de leurs plans de durabilité. Malgré ces efforts, les chiffres restent saisissants : 40,8 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde ; 1,3 million de nouvelles infections en 2024 ; 9,2 millions de personnes n’ont toujours pas accès au traitement.

Un appel mondial à la solidarité

Face à la gravité de la situation, l’ONUSIDA exhorte les dirigeants à : Réaffirmer la solidarité et l’engagement collectif pour mettre fin au sida ; Maintenir et renforcer les financements ; Investir dans des innovations accessibles, notamment les traitements longue durée ; Protéger les droits humains et autonomiser les communautés.

Chute : un choix décisif pour l’humanité

« C’est le moment de choisir », a insisté Winnie Byanyima. Un choix simple mais historique : laisser ces chocs détruire des décennies de progrès, ou s’unir pour atteindre l’objectif mondial de mettre fin au sida. Des millions de vies dépendent des décisions prises aujourd’hui.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN