Soudan : Le retour symbolique du gouvernement dans une Khartoum en ruines.

Soudan : Le retour symbolique du gouvernement dans une Khartoum en ruines.

Soudan : Le retour symbolique du gouvernement dans une Khartoum en ruines.

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Après 1 000 jours d’un exil forcé par les flammes de la guerre civile, le gouvernement soudanais a officiellement réintégré Khartoum ce dimanche 11 janvier.

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12 Janvier 2026


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Après 1 000 jours d’un exil forcé par les flammes de la guerre civile, le gouvernement soudanais a officiellement réintégré Khartoum ce dimanche 11 janvier. Le Premier ministre Kamel Idris a annoncé le rétablissement prioritaire des services publics santé, éducation, énergie dans une capitale reprise aux Forces de soutien rapide (FSR) en mars 2025. Un retour aux affaires qui se veut le signal d'une normalisation, alors que le chef du gouvernement proclame 2026 « année de la paix ».

Toutefois, derrière la symbolique politique, le paysage est celui d'un désastre humanitaire sans précédent. Si un million de déplacés ont regagné la cité, les infrastructures de base gisent encore sous les décombres. À l'échelle nationale, les chiffres de l'ONU donnent le vertige : 13 millions de déracinés, dont 4 millions de réfugiés hors des frontières. Plus alarmant encore, l'insécurité alimentaire frappe désormais 21 millions de Soudanais, les ménages dirigés par des femmes étant en première ligne de cette famine qui ne dit pas son nom.

La guerre, loin d'être éteinte, s'est déplacée. Si Khartoum panse ses plaies, le Kordofan et le Darfour restent le théâtre d'affrontements brutaux. Dans le sud, l'alliance entre les FSR et le SPLM-N oppose une résistance farouche aux forces régulières, sur fond de frappes de drones et de violences sexuelles systématiques utilisées comme armes de guerre.

Le défi de la reconstruction est colossal et le soutien international, dérisoire : seul un tiers des fonds nécessaires pour 2025 a été mobilisé. Pour que 2026 soit réellement l'année de la paix, le gouvernement Idris devra transformer ce retour symbolique en une sécurisation réelle du territoire, alors que 34 millions de civils dépendent encore de l'aide d'urgence pour leur survie.

Texte et récit : Silvere Bossiei