TECHNOLOGIE / Lutte contre le jaunissement mortel du cocotier en Côte d’Ivoire : la riposte scientifique s’organise.
TECHNOLOGIE / Lutte contre le jaunissement mortel du cocotier en Côte d’Ivoire : la riposte scientifique s’organise.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le cocotier, ressource économique et alimentaire essentielle pour des milliers de familles ivoiriennes, fait face à l’une des plus graves menaces de son histoire : le jaunissement mortel du cocotier (JMC).
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
21 Novembre 2025
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le cocotier, ressource économique et alimentaire essentielle pour des milliers de familles ivoiriennes, fait face à l’une des plus graves menaces de son histoire : le jaunissement mortel du cocotier (JMC). Cette maladie bactérienne, provoquée par un phytoplasme et transmise par une cicadelle ainsi que par des outils contaminés, entraîne le jaunissement des feuilles, la chute prématurée des noix et, inévitablement, la mort de l’arbre.
Dans de nombreux pays tropicaux, notamment au Mexique, au Honduras ou encore en Jamaïque, le JMC a déjà décimé des plantations entières au cours des vingt dernières années, laissant derrière lui des familles privées de leurs principales ressources. Face à cette menace, la Côte d’Ivoire a adopté une stratégie d’envergure. Un projet scientifique international, mené en collaboration avec le Mozambique, mise désormais sur l’innovation technologique pour enrayer la propagation de la maladie et sécuriser les cocoteraies du littoral.
Drones, satellites et science du terrain : la nouvelle stratégie ivoirienne
Lors de la clôture des travaux du projet, le 19 novembre 2025 à Abidjan-Cocody, le coordonnateur, Dr N’Goran Koua Serge Béranger, a présenté les axes prioritaires de la lutte. Selon lui, la clé réside dans une détection précoce combinée à une gestion intégrée de l’environnement. « Quand la maladie s’installe, la verdure des cocoteraies vire progressivement au rouge. Grâce aux images aériennes, nous pouvons repérer rapidement les zones à risque », a expliqué Dr N’Goran.
L’utilisation de drones, d’images satellite et d’algorithmes d’analyse permet désormais d’identifier les premiers foyers infectés, bien avant que l’œil humain ne puisse les percevoir. Une mission pilote sera d’ailleurs menée à Jacqueville, l’une des zones les plus vulnérables du littoral ivoirien. En complément, les équipes scientifiques recommandent un nettoyage systématique des sous-bois, afin d’éliminer les herbes qui servent de refuge à l’insecte vecteur du pathogène. Cette action simple mais cruciale réduit fortement les risques de transmission dans les plantations.
Renforcer la surveillance et protéger les résultats de la recherche
Au-delà du volet technologique, le projet encourage une actualisation permanente du suivi épidémiologique, ainsi qu’une standardisation des indices de végétation, indispensables pour mieux anticiper l’évolution du JMC et ajuster rapidement les interventions sur le terrain. Représentant le secrétaire général du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), le Pr Arnaud Kévin Dayoro a salué l’impact stratégique du programme. Celui-ci, selon lui, constitue non seulement une mesure de protection des plantations, mais aussi un investissement crucial pour les communautés productrices et pour le patrimoine forestier du pays.
Il a par ailleurs insisté sur l’importance de la propriété intellectuelle : « Si les responsables du projet montent un argumentaire solide et démontrent la nécessité d’être sur le terrain pour former et accompagner les producteurs, le FONSTI sera attentif à cette nouvelle orientation », a-t-il déclaré, invitant les équipes à engager des démarches de brevetage pour valoriser leurs innovations.
Un projet pour préserver l’avenir des cocoteraies africaines
Lancé le 20 décembre 2023, ce programme ambitionne de garantir la durabilité de la culture du cocotier en Côte d’Ivoire et au Mozambique, grâce à un système d’alerte précoce robuste et à des stratégies de gestion durable. À terme, l’objectif est clair : éviter que le fléau observé dans certaines régions des Caraïbes ne se reproduise sur les côtes africaines. En combinant science, technologie et action communautaire, la Côte d’Ivoire entend ainsi conserver un trésor agricole qui façonne depuis des générations l'économie et le paysage de son littoral.
Texte : Marie-Paule N’GUESSAN



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