TECHNOLOGIE / Véhicules électriques : Le pari stratégique du Ghana entre industrie chinoise et standards européens.
TECHNOLOGIE / Véhicules électriques : Le pari stratégique du Ghana entre industrie chinoise et standards européens.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le Ghana avance à pas mesurés mais déterminés vers la mobilité électrique. Longtemps cantonné aux déclarations d’intention, Accra est désormais entré dans une phase plus structurante : celle de l’architecture industrielle, réglementaire et diplomatique.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
26 Janvier 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
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Production
Agence Presse Audio
Le Ghana avance à pas mesurés mais déterminés vers la mobilité électrique. Longtemps cantonné aux déclarations d’intention, Accra est désormais entré dans une phase plus structurante : celle de l’architecture industrielle, réglementaire et diplomatique. À travers des partenariats avec des constructeurs chinois et l’adoption de normes techniques d’inspiration européenne, le pays ambitionne de devenir un hub régional des Véhicules électriques (VE) en Afrique de l’Ouest.
De l’intention politique à l’implantation industrielle
Le tournant décisif s’est opéré le 15 juin 2025 à Shenzhen en Chine, où le ministère ghanéen du Commerce a signé un protocole d’accord avec Gecko Motors, constructeur chinois de véhicules électriques. L’objectif : créer une unité d’assemblage de VE au Ghana, marquant la première implantation structurée d’un acteur chinois du secteur en Afrique de l’Ouest. Dans une mise à jour officielle publiée le 21 janvier 2026, le gouvernement ghanéen a confirmé que le projet suivait son calendrier, tout en révélant que d’autres industriels étaient activement courtisés pour l’implantation d’un second site. Une manière claire de signaler que le Ghana ne mise pas sur un partenaire unique, mais sur un écosystème concurrentiel et évolutif.
Un cadre réglementaire pensé avant l’usine
Contrairement à de nombreuses initiatives industrielles africaines, souvent freinées par l’absence de règles claires, le Ghana a fait le choix inverse : bâtir d’abord le cadre, attirer ensuite l’investissement. Fin 2023, Accra a lancé sa National Electric Vehicle Policy, premier document de référence définissant les ambitions du pays en matière de mobilité électrique. Ce texte a servi de socle à une série de réformes concrètes : L’Energy Commission impose désormais une autorisation préalable pour toute installation de bornes de recharge ou de système d’échange de batteries. La Ghana Standards Authority a adopté plusieurs normes internationales, dont la GS IEC 61851, alignant ainsi les infrastructures locales sur des standards largement utilisés en Europe. Cette approche vise un double objectif : sécuriser les investissements privés et garantir l’interopérabilité technique des équipements, condition indispensable pour attirer des opérateurs internationaux.
Au-delà de l’usine : un positionnement régional assumé
Le pari du Ghana dépasse la simple production de véhicules. En misant sur des normes européennes, une ingénierie chinoise compétitive et une stabilité réglementaire, le pays se positionne comme porte d’entrée régionale pour la filière VE en Afrique de l’Ouest, à l’heure où les grandes métropoles de la sous-région font face à des défis croissants de pollution, de coûts énergétiques et de congestion urbaine. En réalité, la véritable innovation ghanéenne n’est peut-être pas technologique, mais méthodologique.
Là où d’autres courent après l’usine, Accra a d’abord sécurisé la règle, la norme et la vision. Dans un secteur aussi capitalistique et normé que le véhicule électrique, cette rigueur pourrait bien faire la différence. Si le pari est tenu, le Ghana ne se contentera pas d’assembler des véhicules propres : il pourrait devenir l’un des rares pays africains à exporter un modèle crédible de transition industrielle et énergétique. Et, dans la course électrique africaine, partir avec une longueur d’avance réglementaire vaut parfois plus qu’un moteur déjà lancé.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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