Actualité internationale : La CEDH condamne la Serbie pour l’interdiction de manifestations lors de la visite de Xi Jinping.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné mardi 2 juin 2026, la Serbie pour violation de la liberté de réunion après l’interdiction de manifestations prévues à Belgrade, la capitale serbe, lors de la visite officielle du président chinois Xi Jinping en juin 2016.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné mardi 2 juin 2026, la Serbie pour violation de la liberté de réunion après l’interdiction de manifestations prévues à Belgrade, la capitale serbe, lors de la visite officielle du président chinois Xi Jinping en juin 2016.
L’affaire trouve son origine dans la plainte déposée par l’Association d’amitié serbo-chinoise FDH, qui souhaitait organiser plusieurs rassemblements pacifiques afin de dénoncer les persécutions subies par les adeptes du mouvement spirituel Falun Gong en Chine. Considéré comme illégal par Pékin depuis 1999, ce mouvement fait l’objet d’une répression continue de la part des autorités chinoises.
À l’époque, les autorités serbes avaient justifié leur décision par des risques présumés de troubles à l’ordre public, estimant que ces manifestations pouvaient provoquer des réactions hostiles et entraîner des incidents pendant la visite du dirigeant chinois.
Saisie du recours, la juridiction européenne basée à Strasbourg a jugé que ces arguments reposaient essentiellement sur des suppositions et ne permettaient pas de restreindre un droit fondamental. Les magistrats ont estimé que la Serbie n’avait pas apporté la preuve d’une menace réelle, immédiate et suffisamment établie pour justifier une telle interdiction.
Dans son arrêt, la Cour rappelle que les États membres du Conseil de l’Europe ont l’obligation de garantir l’exercice de la liberté de réunion pacifique. Elle souligne que les autorités doivent non seulement tolérer les rassemblements pacifiques, mais aussi prendre les mesures nécessaires pour en assurer le bon déroulement, y compris lorsque les opinions exprimées sont susceptibles de susciter des controverses ou des oppositions.
Cette condamnation intervient dans un contexte où plusieurs organisations internationales s’inquiètent régulièrement de l’état des libertés publiques en Serbie. Elle renforce également la jurisprudence européenne selon laquelle une interdiction préventive ne peut être fondée sur de simples craintes ou sur des risques hypothétiques de perturbation de l’ordre public.
Texte : La plume de la Bagoué



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