Burundi : Liberté conditionnelle pour la journaliste Sandra Muhoza.

Burundi : Liberté conditionnelle pour la journaliste Sandra Muhoza.

La presse burundaise respire. Détenue depuis avril 2024, la journaliste Sandra Muhoza a bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle le mercredi 04 Mars 2026, a annoncé sa défense.


La presse burundaise respire. Détenue depuis avril 2024, la journaliste Sandra Muhoza a bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle le mercredi 04 Mars 2026, a annoncé sa défense. Cette décision intervient alors que la reporter du site La Nova Burundi purgeait une peine de quatre ans de prison ferme, prononcée en janvier dernier par le tribunal de grande instance de Ngozi.

Le calvaire judiciaire de la journaliste avait débuté par son arrestation au printemps 2024, suivie d'un procès marathon fin 2025. La justice burundaise l'accusait formellement d'« atteinte à l'intégrité territoriale » et d'« incitation à la haine raciale ».

Au cœur du dossier : des messages partagés dans un groupe WhatsApp privé évoquant une distribution présumée d'armes par le pouvoir. Pour Reporters sans frontières (RSF) qui a suivi de près cette affaire, ces accusations ne visaient qu’à sanctionner son travail d'information. Outre la pression internationale, l'état de santé de la détenue a pesé dans la balance.

Souffrant d'une hernie discale, Sandra Muhoza était apparue extrêmement affaiblie lors de ses dernières comparutions, suscitant l'inquiétude de ses proches et des organisations de défense des droits humains. Cette libération, bien que provisoire, marque une étape notable dans un paysage médiatique verrouillé. Le Burundi stagne en effet à la 125e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse.

Si la sortie de prison de Sandra Muhoza est un soulagement, elle rappelle la précarité du métier de journaliste dans un pays où la moindre critique peut mener à une condamnation pour sédition ou haine ethnique. Désormais libre de ses mouvements, la journaliste devra toutefois se soumettre aux obligations de son contrôle judiciaire en attendant une éventuelle grâce ou l'épuisement de ses recours. Ce dossier reste un symbole fort des tensions persistantes entre le pouvoir de Gitega et les médias indépendants.

Texte et récit : Silvère Bossiei