CULTURE / ‘’Gué Gblin’’ : le géant sacré sur échasses qui veille, juge et fascine.

CULTURE / ‘’Gué Gblin’’ : le géant sacré sur échasses qui veille, juge et fascine.

Impressionnant, mystique et redouté, le masque échassier du peuple Dan, appelé « Gué Gblin », domine la scène culturelle de l’ouest ivoirien. Haut de plus de six mètres, il incarne bien plus qu’un simple spectacle : il est à la fois protecteur, juge suprême et messager des génies.


Impressionnant, mystique et redouté, le masque échassier du peuple Dan, appelé « Gué Gblin », domine la scène culturelle de l’ouest ivoirien. Haut de plus de six mètres, il incarne bien plus qu’un simple spectacle : il est à la fois protecteur, juge suprême et messager des génies. Originaire des régions de Man, Danané, Biankouma ou encore Touba, ce masque sacré agit comme un véritable pilier de la société traditionnelle. 

Entièrement dissimulé sous un costume de raphia, de tissus colorés et d’ornements symboliques, notamment, cauris, miroirs, clochettes, le porteur perd son identité humaine pour devenir une entité spirituelle. Même ses proches ne doivent jamais le reconnaître. Ses sorties, rares et codifiées, rythment les grandes cérémonies et festivals comme le « Tonkpi Nihidaley ».

Sur ses longues échasses, il défie les lois de l’équilibre dans des acrobaties spectaculaires, perçues non comme une performance humaine, mais comme la manifestation d’une force invisible. Mais derrière l’esthétique se cache une autorité : le « Gué Gblin » tranche les conflits, protège la communauté et incarne l’ordre moral. Car ici, on ne danse pas pour divertir… on danse pour rendre visible l’invisible.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN