CULTURE / Mondial 2026 : quand l’Orange-Blanc-Vert ivoirien conquiert les cœurs jusqu’en Irlande.
Qui aurait cru que la Côte d’Ivoire trouverait, à des milliers de kilomètres, un soutien aussi inattendu qu’enthousiaste ? Et pourtant, à l’occasion du Mondial 2026, un pont culturel inédit s’est construit entre Abidjan et Dublin autour de trois couleurs : orange, blanc, vert.
Qui aurait cru que la Côte d’Ivoire trouverait, à des milliers de kilomètres, un soutien aussi inattendu qu’enthousiaste ? Et pourtant, à l’occasion du Mondial 2026, un pont culturel inédit s’est construit entre Abidjan et Dublin autour de trois couleurs : orange, blanc, vert. Tout est parti d’un clin d’œil devenu viral. En retournant simplement leur drapeau national, vert, blanc, orange, les Irlandais se sont rendu compte qu’ils arboraient, presque à l’identique, celui de la Côte d’Ivoire, orange, blanc, vert. Une ressemblance troublante qui a rapidement inspiré une vague de sympathie.
Privée de qualification pour la Coupe du Monde, l’Irlande a trouvé en la sélection ivoirienne un porte-étendard de substitution. Et c’est en Écosse, à Édimbourg, que cette connexion culturelle a pris une dimension spectaculaire. Le célèbre pub Biddy Mulligans, institution locale, a lancé mi-mai une vidéo humoristique devenue virale, cumulant plus de 880 000 vues. Dans cette séquence devenue culte, un barman, drapeau irlandais sur les épaules, annonce avec malice : « L’Irlande n’est pas qualifiée… mais la Côte d’Ivoire, oui ! » Avant de retourner l’étendard et de révéler la similitude parfaite. Une blague ? Pas seulement.
Face à l’enthousiasme massif des internautes, plus de 500 messages appelant à concrétiser l’idée, le pub a décidé de passer à l’action. Le lendemain, il officialise sa transformation en “premier pub ivoirien d’Édimbourg”. Au programme : musique ivoirienne, gastronomie africaine, diffusion des matchs en français et Guinness version africaine. Car derrière l’humour se cache une réalité culturelle forte : l’Afrique est aujourd’hui un pilier majeur de la production de Guinness, avec près de 40 % du volume mondial brassé sur le continent. Un détail qui renforce encore ce rapprochement inattendu.
L’initiative a même dépassé les murs du pub. En Irlande, le bookmaker Paddy Power a lancé une campagne nationale invitant les supporters déçus à “adopter” la Côte d’Ivoire. À Dublin, des affiches géantes montrent le drapeau irlandais inversé. Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent : « Tous les pubs irlandais devraient faire pareil », « Ce n’est plus une blague, c’est un mouvement ». Certains rêvent même d’une visite surprise de Didier Drogba. Au-delà de l’anecdote, cette histoire révèle une vérité essentielle : le football n’est pas qu’un sport, c’est un langage universel. En retournant un simple drapeau, c’est tout un peuple qui a choisi d’ouvrir ses bras à un autre. Une fusion spontanée, festive et sincère, qui rappelle que la culture, comme le sport, ignore les frontières. Et si, finalement, le vrai trophée de ce Mondial 2026 n’était pas seulement sur le terrain, mais dans ces élans inattendus qui rapprochent les peuples ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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