CULTURE / Peine de mort : à Paris, le monde abolitionniste sonne l’alerte face à une inquiétante résurgence.

CULTURE / Peine de mort : à Paris, le monde abolitionniste sonne l’alerte face à une inquiétante résurgence.

Paris redevient, le temps de trois jours, l’épicentre mondial du combat contre la peine capitale. Du mardi 30 juin au jeudi 2 juillet 2026, la capitale française accueille ''le neuvième Congrès mondial contre la peine de mort'', dans un contexte paradoxal où avancées historiques et reculs préoccupants cohabitent.


Paris redevient, le temps de trois jours, l’épicentre mondial du combat contre la peine capitale. Du mardi 30 juin au jeudi 2 juillet 2026, la capitale française accueille ''le neuvième Congrès mondial contre la peine de mort'', dans un contexte paradoxal où avancées historiques et reculs préoccupants cohabitent.

Organisé par l’ONG "Ensemble contre la peine de mort (ECPM)", l’événement se tient à la Maison de la Radio puis à l’hôtel de Lassay en France, réunissant militants, juristes et survivants du couloir de la mort. « Nous assistons à une résurgence des exécutions dans certains pays, souvent utilisées comme outils de répression politique ou de contrôle social », alerte Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l’homme.

Si 114 États ont aboli définitivement la peine capitale, 47 pays continuent de l’appliquer. Et les chiffres inquiètent : en 2025, les exécutions ont presque doublé dans certaines régions. La Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak concentrent à eux seuls une large part des mises à mort. En Iran, plus de 1 600 exécutions ont été recensées en 2025, un record depuis 1989.

Au cœur du congrès, des témoignages bouleversants. Celui de Daniel Gwynn, innocenté après près de trente ans dans le couloir de la mort aux États-Unis, glace l’auditoire : « Je n’ai reçu ni excuses, ni réparation. Ce système m’a broyé. » Un récit qui rappelle cruellement l’irréversibilité de cette peine.

La France, elle, porte une voix forte depuis l’abolition historique de 1981, impulsée par Robert Badinter sous François Mitterrand. Inscrite dans la Constitution depuis 2007, cette conquête reste un symbole. Mais à Paris, le message est clair : l’abolition universelle est encore un combat. Et face aux dérives actuelles, il est loin d’être gagné.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN