MÉDIAS / États-Unis : Tempête politique autour de Jimmy Kimmel, Donald Trump contre-attaque et la licence d’ABC vacille.

MÉDIAS / États-Unis : Tempête politique autour de Jimmy Kimmel, Donald Trump contre-attaque et la licence d’ABC vacille.

La tension monte d’un cran entre humour, pouvoir et régulation aux États-Unis. Une simple plaisanterie de Jimmy Kimmel a déclenché une onde de choc politique impliquant directement le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump, au point de mettre en péril la licence de diffusion de la chaîne ABC.


La tension monte d’un cran entre humour, pouvoir et régulation aux États-Unis. Une simple plaisanterie de Jimmy Kimmel a déclenché une onde de choc politique impliquant directement le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump, au point de mettre en péril la licence de diffusion de la chaîne ABC. Tout part d’un trait d’humour lancé le jeudi 23 avril 2026 dans l’émission "Jimmy Kimmel Live". L’animateur y parodie le gala des correspondants de la Maison Blanche, ironisant sur Melania Trump, décrite comme « rayonnante comme une veuve en devenir ».

Une formule jugée explosive par le couple présidentiel, qui y voit un « ignoble appel à la violence », dans un contexte déjà tendu après une tentative d’assassinat visant le président lors d’un gala à Washington. La riposte est immédiate. Melania Trump exige publiquement le départ de l’animateur. Le lendemain, Donald Trump enfonce le clou : Jimmy Kimmel « doit être renvoyé sur-le-champ ». Mais l’affaire prend une tournure institutionnelle lorsque la Federal Communications Commission (FCC) ordonne, le mardi 28 avril, à ABC de soumettre une nouvelle demande de licence de diffusion, une procédure inhabituelle, alors que les autorisations courent normalement jusqu’entre 2028 et 2031. Dans les coulisses, The Walt Disney Company se veut rassurante, affirmant sa confiance dans son dossier.

Mais l’opposition démocrate dénonce une dérive autoritaire. L’élu Greg Landsman évoque une « instrumentalisation » de la FCC, tandis que April McClain Delaney appelle à défendre la liberté d’expression. Au cœur des critiques : Brendan Carr, nommé par Donald Trump, déjà accusé d’avoir menacé plusieurs médias pour « biais » éditorial. Une stratégie qui rappelle de précédentes pressions sur CBS ou encore le groupe Paramount Global. Face à la polémique, Jimmy Kimmel reste inflexible. Sur son plateau, il balaie les accusations et assume une « petite vanne très gentille », niant toute incitation à la violence. Mais derrière cette querelle médiatique se dessine un affrontement plus profond : celui entre pouvoir politique et liberté de ton. Une bataille où l’humour devient arme, et où une simple blague pourrait bien redéfinir les lignes rouges de l’audiovisuel américain.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN