SANTÉ / 18 mars 2026 : Schizophrénie, la maladie que le silence aggrave.
Chaque 18 mars, à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à la schizophrénie, une réalité dérangeante refait surface : celle d’une maladie encore entourée de peurs, de préjugés et, trop souvent, d’abandon.
Chaque 18 mars, à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à la schizophrénie, une réalité dérangeante refait surface : celle d’une maladie encore entourée de peurs, de préjugés et, trop souvent, d’abandon. Car au-delà des symptômes, c’est un autre combat que livrent les patients : celui contre le regard des autres. Dans de nombreuses sociétés, évoquer la schizophrénie revient encore à chuchoter.
Le mot inquiète, dérange, et convoque aussitôt des images erronées, violence, folie incontrôlable, dangerosité. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée… et surtout profondément humaine. La schizophrénie est un trouble du cerveau qui perturbe la pensée, les émotions et la perception de la réalité. Elle ne se manifeste pas de manière continue : certaines personnes peuvent mener une vie relativement stable pendant de longues périodes, avant d’être confrontées à des épisodes de crise.
Hallucinations auditives, idées délirantes, repli sur soi, difficultés à distinguer le réel de l’imaginaire… autant de symptômes qui fragilisent le quotidien et isolent progressivement. Mais contrairement aux idées reçues, la schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité. Elle n’est pas non plus le résultat d’une mauvaise éducation ou d’un traumatisme unique. C’est une pathologie complexe, multifactorielle, qui touche environ 1 % de la population mondiale, souvent dès la fin de l’adolescence.
Derrière les chiffres, il y a des trajectoires brisées, des familles épuisées, et des patients parfois livrés à eux-mêmes. Le manque de structures adaptées, la stigmatisation sociale et l’insuffisance de sensibilisation aggravent encore leur isolement. Beaucoup renoncent aux soins, non pas par choix, mais par peur du jugement. Pourtant, une lueur d’espoir existe.
Les avancées médicales permettent aujourd’hui de stabiliser la maladie grâce à des traitements adaptés et un accompagnement psychosocial. Avec un suivi régulier, de nombreuses personnes atteintes peuvent retrouver un équilibre et mener une vie digne. En cette Journée mondiale, le véritable enjeu dépasse la médecine : il est social. Comprendre, écouter, inclure, voilà les premiers gestes qui soignent. Car la schizophrénie n’est pas seulement une maladie. C’est aussi le reflet d’une société qui, trop souvent, préfère détourner le regard plutôt que tendre la main.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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