ACTUALITÉ DU CONTINENT / Nigeria : Nuit de sang à Borgu, au moins 46 morts dans une attaque d’une rare brutalité.
ACTUALITÉ DU CONTINENT / Nigeria : Nuit de sang à Borgu, au moins 46 morts dans une attaque d’une rare brutalité.
Un documentaire de Agence Presse Audio
La spirale de violence armée s’intensifie au Nigeria. À l’aube du samedi 14 février 2026, des hommes lourdement armés, circulant à moto, ont lancé une attaque coordonnée contre trois villages de la zone de Borgu, dans l’État du Niger State, plongeant des communautés entières dans l’effroi.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
16 Février 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
La spirale de violence armée s’intensifie au Nigeria. À l’aube du samedi 14 février 2026, des hommes lourdement armés, circulant à moto, ont lancé une attaque coordonnée contre trois villages de la zone de Borgu, dans l’État du Niger State, plongeant des communautés entières dans l’effroi. Le bilan provisoire fait état d’au moins 46 morts, des dizaines de blessés et des habitations réduites en cendres.
Une offensive éclair et méthodique
Selon des témoins locaux, l’assaut a débuté dans le village de Tungar Makeri, où six personnes ont été abattues sans sommation. Les assaillants, estimés à plus de 80 individus répartis sur une quarantaine de motos, ont ensuite poursuivi leur progression vers Konkoso, transformant ce village en scène de carnage. Là, le massacre a atteint son paroxysme : 38 habitants tués, certains abattus, d’autres égorgés, tandis que des maisons étaient incendiées systématiquement. Des corps ont été retrouvés plusieurs heures après l’attaque, gisant dans les décombres, témoignant de la violence extrême de l’opération. Les survivants évoquent une attaque rapide, organisée et exécutée en plein jour, laissant peu de chances de fuite aux populations rurales déjà vulnérables.
Une région déjà fragilisée par l’insécurité
Ces événements tragiques s’inscrivent dans une série d’attaques meurtrières qui secouent le centre-nord du pays. Début février, plus de 160 personnes avaient déjà péri dans un massacre dans l’État voisin de Kwara State, illustrant l’extension inquiétante de la violence armée dans les zones rurales nigérianes. Face à cette recrudescence, les critiques internationales se multiplient. Le président américain Donald Trump a récemment dénoncé l’inefficacité des autorités nigérianes face à ces attaques répétées, une déclaration qui a suscité de vives réactions diplomatiques, sans toutefois infléchir la situation sécuritaire sur le terrain.
Populations abandonnées et exode silencieux
Dans les villages frappés, la colère et la peur dominent. Les rescapés dénoncent l’absence de protection sécuritaire et l’intervention tardive des forces de l’ordre. Beaucoup affirment avoir été livrés à eux-mêmes pendant l’attaque, sans possibilité d’alerte ni de défense. Conséquence directe : un exode massif s’amorce. Des familles entières fuient leurs habitations, abandonnant terres, bétail et souvenirs, tandis que les organisations humanitaires tentent d’acheminer secours, vivres et soins médicaux dans un climat de panique généralisée.
Une violence qui s’enracine
Au-delà du bilan humain déjà lourd, cette attaque souligne une réalité alarmante : l’insécurité rurale devient structurelle dans certaines régions du Nigeria, où groupes armés, bandits et milices opèrent avec une mobilité et une audace croissantes. Et pendant que les villages pleurent leurs morts et enterrent leurs proches dans la précipitation, une question persiste, lancinante : combien d’autres communautés devront encore payer le prix du silence sécuritaire avant qu’une réponse ferme et durable ne soit apportée ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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