CINÉMA / “Dans le viseur du diable” : quand foi, tentation et argent s’entrechoquent dans un thriller ivoirien saisissant.

CINÉMA / “Dans le viseur du diable” : quand foi, tentation et argent s’entrechoquent dans un thriller ivoirien saisissant.

Le cinéma ivoirien franchit un nouveau cap avec “Dans le viseur du diable”, une production aussi intense que troublante, portée par une ambition rare : mêler divertissement, spiritualité et réalité sociale.


Le cinéma ivoirien franchit un nouveau cap avec “Dans le viseur du diable”, une production aussi intense que troublante, portée par une ambition rare : mêler divertissement, spiritualité et réalité sociale. L’avant-première du film, projetée le vendredi 12 juin 2026 à la Cathédrale Saint-Paul du Plateau, a réuni un public captivé, composé de fidèles chrétiens, de cinéphiles et de nombreuses personnalités.

Au cœur de cette œuvre signée « Bim Studio Film », une surprise de taille : les débuts remarqués du Père Norbert-Éric Abekan dans le septième art. Curé de la paroisse Saint-Jacques de Cocody et figure respectée de la communauté chrétienne, il incarne à l’écran un rôle qui lui est familier : celui d’un prêtre exorciste. Une immersion qu’il assume pleinement. « J’ai toujours aimé les arts, j’ai saisi cette opportunité pour exprimer mon talent », confie-t-il avec conviction.

Mais au-delà de la performance, le message est puissant. Le film s’attaque frontalement aux dérives de la jeunesse, notamment la quête effrénée d’argent facile. « Beaucoup de jeunes sont livrés à eux-mêmes et tombent dans le broutage », alerte le Père Abekan, soulignant une réalité sociale préoccupante. À ses côtés, l’acteur emblématique Kané Mahoula livre une prestation solide dans ce thriller inspiré de faits réels. L’histoire suit ‘’Ehui’’, un homme acculé par la misère, prêt à tout pour sauver sa famille. Sa rencontre avec un mystérieux milliardaire va bouleverser son destin, entre luxe, pouvoir et sombres compromissions. Car derrière les promesses dorées se cache un pacte aux conséquences irréversibles.

Produit et scénarisé par Jean-Charles Bitty, le film, tourné pendant quatre mois entre Abidjan, Bingerville et plusieurs localités, s’inscrit comme un miroir de la société ivoirienne. « C’est une histoire vraie dans une fiction », explique-t-il, mettant en lumière les réalités vécues par de nombreuses familles. Avec ses 1h40 de suspense, “Dans le viseur du diable” se positionne comme un outil d’évangélisation moderne, mais aussi comme un cri d’alerte. Une œuvre qui rappelle que chaque choix a un prix, et que certaines richesses peuvent coûter bien plus que de l’argent. Et si l’argent pouvait transformer ta vie, mais aussi condamner ton âme ? Dans ce combat invisible entre lumière et ténèbres, une question demeure : Jusqu’où irais-tu pour sauver ceux que tu aimes sans te perdre toi-même ?

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN