CULTURE / Francophonie : Auditions inédites, rivalités politiques, la bataille pour le fauteuil de secrétaire général est lancée.
La course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est désormais officiellement ouverte, et elle s’annonce plus disputée que jamais.
La course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est désormais officiellement ouverte, et elle s’annonce plus disputée que jamais. Mardi 30 juin 2026 à Paris en France, les quatre prétendants au poste de secrétaire général ont franchi une étape historique : pour la première fois depuis la création de la fonction en 1997, ils ont été auditionnés publiquement sur leur vision et leur programme devant les ministres des Affaires étrangères des États membres de plein droit. Une révolution dans une institution longtemps habituée aux désignations feutrées, conclues à huis clos après d’intenses tractations diplomatiques.
Dans la course, des profils hautement politiques : la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat, fait face à la Congolaise Juliana Lumumba, à la Mauritanienne Coumba Ba et au Roumain Dacian Ciolos. Quatre candidatures, quatre visions, mais une même ambition : prendre les rênes d’une organisation qui regroupe aujourd’hui 90 États et gouvernements et près de 396 millions de locuteurs à travers le monde.
Cette nouvelle procédure découle d’une réforme adoptée en mars 2022, instaurant un processus plus transparent et structuré : appel à candidatures, critères formels, dépôt des dossiers six mois avant le Sommet, puis audition devant la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF). Chaque candidat a ainsi disposé de 45 minutes, entre exposé et échanges, pour convaincre.
Mais derrière cette modernisation affichée, les critiques persistent. L’OIF reste perçue par certains comme un instrument d’influence géopolitique. Déjà en 2018, l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou dénonçait une « continuation de la politique étrangère de la France », tandis que l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo pointait son « caractère intrinsèquement géopolitique ».
Un contexte qui donne à cette élection une dimension stratégique majeure, d’autant que la précédente mandature de Louise Mushikiwabo avait elle-même été interprétée comme le symbole d’un rapprochement entre Paris et Kigali. Prochaine étape décisive : le 20e Sommet de la Francophonie, prévu le 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, où les chefs d’État et de gouvernement trancheront lors d’un huis clos électif. D’ici là, une certitude : pour la première fois, la bataille pour diriger la Francophonie se joue à visage découvert, et sous le regard du monde.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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