GENRE / Centrafrique : à Bangui, Jean-Noël Barrot inaugure la “Maison Simone Veil”, un refuge pour les survivantes de violences sexuelles.

GENRE / Centrafrique : à Bangui, Jean-Noël Barrot inaugure la “Maison Simone Veil”, un refuge pour les survivantes de violences sexuelles.

À Bangui, la capitale centrafricaine, les chants et les danses ont accompagné un moment chargé de symboles. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Noël Barrot, a inauguré jeudi 12 mars 2026 le nouveau siège du Mouvement des survivantes de Centrafrique (Mosuca), un bâtiment dédié à l’accueil et à l’accompagnement des victimes de violences sexuelles liées aux conflits.


À Bangui, la capitale centrafricaine, les chants et les danses ont accompagné un moment chargé de symboles.  Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a inauguré jeudi 12 mars 2026 le nouveau siège du Mouvement des survivantes de Centrafrique (Mosuca), un bâtiment dédié à l’accueil et à l’accompagnement des victimes de violences sexuelles liées aux conflits. Il s’agit de la première visite d’un chef de la diplomatie française en République centrafricaine depuis près de huit ans, un déplacement hautement symbolique dans un contexte de réchauffement progressif des relations entre Paris et Bangui.

Devant une foule composée de militantes, de membres d’associations et d’habitants du quartier, le ministre français a dévoilé la plaque inaugurale du bâtiment baptisé “Maison Simone Veil”, en hommage à Simone Veil, figure mondiale de la défense des droits des femmes. « Il y a deux ans, le Mosuca était lauréat du prix Simone Veil des associations, qui, dans le monde entier, s’illustrent par leur courage et leur engagement au service des femmes », a rappelé Jean-Noël Barrot, saluant la détermination des militantes centrafricaines.

Créé en 2018, le Mosuca rassemble aujourd’hui dix associations de victimes et compte 784 membres engagés dans la lutte contre les violences sexuelles. Sa présidente, Éléonore Kongbo, explique que l’organisation joue un rôle clé dans l’identification et l’enregistrement des violences liées aux conflits. « Tout ce que vous faites sans victimes, c’est contre les victimes. Impliquons toutes les survivantes dans le processus d’accès à la justice », a-t-elle plaidé, appelant les autorités et la communauté internationale à renforcer leur soutien.

Au-delà du symbole, la nouvelle Maison Simone Veil se veut un espace d’écoute, d’accompagnement et de plaidoyer pour des femmes souvent réduites au silence par la guerre et l’impunité. Durant son séjour de deux jours à Bangui, le chef de la diplomatie française doit également s’entretenir avec le président Faustin‑Archange Touadéra, de retour d’une visite d’une semaine à Moscou où il a rencontré Vladimir Poutine. Entre diplomatie et défense des droits humains, cette visite pourrait marquer un nouveau chapitre dans les relations entre Paris et Bangui, mais surtout redonner une voix à celles que la guerre avait tenté de faire taire.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN