MÉDIAS / Suspension de la Radio-école BLM : la HACA frappe fort face aux dérives de programmation.

MÉDIAS / Suspension de la Radio-école BLM : la HACA frappe fort face aux dérives de programmation.

Coup d’arrêt brutal pour la Radio-école BLM. La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a annoncé, dans un communiqué en date du mercredi 18 février 2026, la suspension conservatoire de cette station liée au groupe BLM-ISACOM, pour non-respect de son cahier des charges.


Coup d’arrêt brutal pour la Radio-école BLM. La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a annoncé, dans un communiqué en date du mercredi 18 février 2026, la suspension conservatoire de cette station liée au groupe BLM-ISACOM, pour non-respect de son cahier des charges. À l’origine de cette décision, une vague de signalements enregistrés le lundi 16 février, relayés notamment sur les réseaux sociaux, évoquant une prétendue autorisation accordée à la communauté libanaise de Côte d’Ivoire pour l’exploitation d’une radio dénommée « Radio BLM », émettant sur la fréquence 100.6 MHz avec des programmes en langue arabe. 

Une information que le régulateur audiovisuel dit avoir immédiatement prise au sérieux. Dans le cadre de ses investigations, l’institution dirigée par Me René Bourgoin a convoqué, le mardi 17 février, les responsables de la Radio-école BLM affiliée au groupe BLM-ISACOM (Institut Supérieur Africain de la Communication). Lors de leur audition, ces derniers ont reconnu consacrer deux jours par semaine à la diffusion de musique en langue arabe sur leurs antennes. Toutefois, les responsables de la station ont assuré ne disposer d’aucune déclinaison digitale de leur service radiophonique, un point également examiné par la HACA. Le régulateur rappelle par ailleurs que la Radio-école BLM avait déjà fait l’objet d’interpellations et de mises en demeure antérieures, notamment pour des écarts par rapport à sa vocation pédagogique et pour l’usage de langues de diffusion jugé non conforme à son statut académique.

Dans son communiqué, la HACA insiste sur le fait qu’aucune fréquence n’a été officiellement assignée pour l’exploitation d’une radio privée non commerciale au profit d’une communauté linguistique, qu’elle soit nationale ou étrangère. Une précision qui vise à couper court aux rumeurs d’attribution de licence communautaire. Considérant ces éléments, l’autorité de régulation a donc décidé de suspendre la Radio-école BLM à titre conservatoire, avec effet immédiat dès la diffusion du communiqué, invoquant un « non-respect du cahier des charges » qui encadre strictement l’activité des radios-écoles et radios de proximité.

Au-delà du cas spécifique de BLM, cette suspension sonne comme un rappel ferme à l’ordre dans le paysage audiovisuel ivoirien : la HACA montre qu’elle veille étroitement à la conformité des contenus, à la vocation des médias autorisés et au respect des fréquences attribuées.  Une décision qui relance le débat sur l’encadrement des radios pédagogiques, tiraillées entre mission éducative, diversité culturelle et obligations réglementaires, un équilibre fragile que le régulateur entend désormais faire respecter sans concession.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN